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3-25 janvier 1983

Japon. Premières initiatives diplomatiques du gouvernement Nakasone

Du 3 au 8, Shintaro Abe, ministre japonais des Affaires étrangères, se rend à Bruxelles pour rencontrer les responsables de la Commission européenne, puis à Londres, Paris, Bonn et Rome pour convaincre les Européens « du sérieux des mesures prises par les Japonais pour faciliter l'accès à leur marché » et obtenir en contrepartie « le maintien du libre-échange et le rejet du protectionnisme ».

Les 11 et 12, Yasuhiro Nakasone, Premier ministre depuis novembre 1982, effectue son premier voyage à l'étranger, en Corée du Sud. Il s'agit de la première visite officielle d'un chef de gouvernement japonais depuis la guerre. Le communiqué final, en insistant sur les problèmes de défense et sur la responsabilité du Japon dans la sécurité de la région, marque un infléchissement de la diplomatie nippone, qui serait prête à sortir d'un rôle traditionnellement prudent en matière de coopération militaire. Cette visite permet également de débloquer une aide financière de quatre milliards de dollars accordée par Tōkyō à Séoul.

Le 14, le gouvernement japonais autorise la vente aux États-Unis de technologies à usage militaire, en contradiction avec les principes définis en 1967 et interdisant pratiquement toute exportation d'armement.

Du 17 au 20, Yasuhiro Nakasone se rend aux États-Unis : la visite officielle du chef du gouvernement japonais est marquée par deux dossiers : le déséquilibre commercial entre les deux pays et les problèmes de sécurité en Extrême-Orient. Bien qu'elle n'aboutisse à aucune concession quant à la réduction des exportations japonaises vers les États-Unis, la visite permet d'établir des liens chaleureux entre les dirigeants américains et nippons.

Le 24, lors de l'ouverture de la session de la Diète, le Premier ministre déclare que le Japon doit se doter de capacités de défense hautement efficaces et qu'une réévaluation du rôle du Japon dans la sécurité de la région pourrait amener à une révision de certaines clauses pacifistes de la Constitution.

Le 25, Tōkyō proteste officiellement contre un éventuel transfert des missiles nucléaires soviétiques vers l'Extrême-Orient. Moscou s'était auparavant inquiété des déclarations de Yasuhiro Nakasone aux États-Unis, affirmant que l'archipel japonais « devrait devenir un porte-avions incoulable » face à la puissance militaire de l'U.R.S.S. Cette mise en garde soviétique montre l'inquiétude que suscite à Moscou l'intégration croissante du Japon dans le dispositif militaire américain en Extrême-Orient.

— Universalis

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