GADDIS WILLIAM (1922-1998)

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Longtemps, William Gaddis a été un peu comme le fantôme hantant le paysage littéraire américain. Son premier livre, The Recognitions, paru en 1955 (traduit en 1973 sous le titre Les Reconnaissances), avait à l'époque été lu par des écrivains (entre autres, Thomas Pynchon ou Joseph McElroy) qui surent y reconnaître le prototype inouï de ce que le roman américain devait oser pour sortir de l'ornière naturaliste des années trente ou du mode confessionnel intimiste des années quarante. Il fallut attendre 1975 pour que, avec la publication de son deuxième roman, JR., le projecteur se braque à nouveau sur Gaddis et qu'on « reconnaisse » officiellement qu'il avait, dès les années cinquante, anticipé et aidé à naître la révolution romanesque américaine qui connut son efflorescence dans les années soixante avec, entre autres, John Barth, Robert Coover, William Gass, Thomas Pynchon et Joseph McElroy.

Né en 1922 à Manhattan, dans une famille de tradition à la fois calviniste du côté paternel et quaker du côté maternel (un écartèlement entre orthodoxie officielle et hérésie occulte qui marque son œuvre), orphelin très tôt de son père (une absence qui hante ses romans jusqu'à y devenir comme l'éclipse de Dieu ne laissant du monde après lui qu'un paysage en ruine), William Gaddis, après des années solitaires dans un sombre pensionnat de Nouvelle-Angleterre, entre en 1941 à l'université Harvard où il est notamment rédacteur du magazine satirique The Harvard Lampoon, haut lieu du pastiche et de la parodie étudiantesques. Employé au New Yorker au lendemain de la guerre, il fréquente avec une certaine distance la bohème de Greenwich Village et on le voit même faire une brève apparition en 1953 dans la chronique de Kerouac, The Subterraneans, sous les traits d'Harold Sand, jeune dandy en costume blanc qui vient de voir son manuscrit accepté par un éditeur. Ce roman, à une époque où tout le monde partait vers l'Ouest et découvrait l'Amérique, il l'a écrit, toujours à contre-courant, pendant un long périple en [...]

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Écrit par :

  • : professeur de littérature américaine à l'université de Paris-IV-Sorbonne et à l'École normale supérieure

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LE DERNIER ACTE (W. Gaddis)

  • Écrit par 
  • Pierre-Yves PÉTILLON
  •  • 1 203 mots

Le dernier acte ? Vraiment ? L'homme qui, avec Les Reconnaissances (1955), a autrefois inventé la première version postmoderne de cet animal fabuleux, le « Grand Roman américain », le disait volontiers. Né en 1922, il entendait, en rédigeant Le Dernier Acte, sonner ses trois quarts de siècle. Mais il se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-dernier-acte/#i_94546

Pour citer l’article

Pierre-Yves PÉTILLON, « GADDIS WILLIAM - (1922-1998) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/william-gaddis/