WACKENRODER WILHELM (1773-1798)

Connu comme précurseur du romantisme allemand, mais principalement en tant qu'ami et collaborateur de Ludwig Tieck, Wilhelm Heinrich Wackenroder est né à Berlin dans une famille de fonctionnaires prussiens. Il était de faible constitution et mourut à vingt-cinq ans ; la minceur de son œuvre contraste avec l'importance de son influence, située moins au niveau des idées ou des procédés littéraires qu'à celui de la mode : Wackenroder est un des principaux responsables du goût excessif que certains romantiques allemands montrèrent pour le Moyen Âge et pour la Renaissance. Son apport au mouvement romantique correspond en fait à ce que Heinrich Heine stigmatise dans L'École romantique et qualifie d'obscurantiste.

Quelques éléments biographiques permettront de mieux situer le personnage : maturité précoce, débilité physique et sensibilité excessive — qualités abusivement valorisées dès qu'il s'agit de nourrir le cliché de l'écrivain romantique ! — font qu'il se sent très tôt en désaccord avec son entourage ; son père penchait vers le nationalisme, mais jamais le jeune Wackenroder ne s'enthousiasmera pour un patriotisme spécifiquement prussien. Il se sent d'autre part en désaccord avec l'esprit rationaliste dominant à Berlin à cette époque. S'il refuse l'Aufklärung et la Prusse, il ne rejette pas pour autant la notion de patrie : il se trouvera seulement une patrie fictive, une patrie de rêve, la Bavière, antidote de la Prusse, s'il en est ! Ce désaccord avec son entourage ne dégénérera cependant pas en conflit. Wackenroder se soumet à la décision de son père et étudie le droit. Ce métier l'angoisse : « Le juge cherche parmi les noms barbares que les Romains ont inventés celui qui correspond au cas qu'il traite ; et le mécanisme se met en branle. Ces hommes se nourrissent du sang et des larmes des autres, défient toute sensibilité. Je ne serai jamais un grand juriste », écrit-il. Et encore : « Cela me répugne de faire appel à la froide raison là où des cœurs se heurtent les uns aux autres. »

Même à ses parents il n'a [...]


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TIECK LUDWIG (1773-1853)

  • Écrit par 
  • Robert MINDER
  •  • 1 225 mots

Dans le chapitre « Le cénacle romantique »  : […] Un voyage à travers la Franconie, entrepris l'été 1793 par Tieck et W. H. Wackenroder, alors étudiants à Göttingen, fit découvrir aux deux citadins les beautés d'une nature qu'ils ignoraient et les vestiges d'une culture plus ancienne que celle de la Prusse : pompe baroque des églises catholiques de l'Allemagne du Sud, art […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ludwig-tieck/#i_9018

Pour citer l’article

Françoise AURIVAUD, « WACKENRODER WILHELM - (1773-1798) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-wackenroder/