VOIX GRAMMATICALES

L'une des catégories de la conjugaison des verbes, appelée « voix », porte essentiellement sur l'orientation du procès. On ne peut guère que la définir différentiellement, en étudiant, pour une langue donnée, la manière dont les actants du procès se distribuent par rapport à celui-ci. Le degré zéro, ou si l'on veut la forme non marquée, est appelé « voix active » par la tradition, mais le terme ne convient qu'imparfaitement si l'on songe à la multitude des prédicats exprimant un état ou un comportement involontaire (« Il respire », « Il grelotte »), ou encore ce qu'on pourrait appeler un véritable passif lexical (« Il subit une opération », « La neige fond au soleil ») ; inversement, des pronominaux morphologiques sont de vrais actifs (« Il s'en va ») ou de vrais passifs (« Le verre se casse ») si bien que les trois voix généralement retenues pour la description du système verbal, l'actif, le passif et le pronominal, même si on leur ajoute le déponent latin (morphologie passive et sens actif), le moyen grec (morphologie partiellement passive), ne correspondent que grossièrement à la réalité linguistique.

Il semble que ces distinctions ne puissent s'appliquer vraiment qu'à une analyse en morphèmes spécifique des énoncés superficiels, alors que l'opération prédicative elle-même relève d'une organisation sous-jacente entre des termes primitifs, la fonction et ses arguments, ce qui deviendra, une fois advenu le contenu sémantique, le verbe accompagné de ses compléments de divers rangs : f(x0, x1, xn) ; dans la pratique, le prédicat n'est jamais complémenté par plus de deux arguments ; c'est le choix de l'origine du procès qui aboutira à la voix active ou à la voix passive ; si les deux arguments sont identiques, la forme sera pronominale. Cette présentation a plusieurs avantages : elle permet d'introduire la notion de transformation lexicale, qui englobe également les couples dont un terme est un état (mourir/tuer et, plus généralement, tous les couples construits sur l'opposition ê [...]

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LINGUISTIQUE ET PSYCHANALYSE

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MILNER
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Dans le chapitre « La psychanalyse et la forme des langues »  : […] Il arrive que telle ou telle donnée de langue permette de proposer une analogie structurale éclairant le fonctionnement des processus inconscients. Ainsi, dans L' Interprétation des rêves , le terme « interprétation » ( Deutung ) relève de la philologie. Cela ne veut pas dire qu'aux yeux de Freud le rêve soit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/linguistique-et-psychanalyse/#i_51202

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « VOIX GRAMMATICALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/voix-grammaticales/