VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES

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Les veines

Anatomie

Les veines sont des vaisseaux qui ramènent le sang de la périphérie au cœur. Elles prennent naissance dans les tissus où elles sont plus minces, plus dépressibles, plus dilatables que les artères. Ce dernier caractère leur permet de quintupler leur capacité, donc de remplir le rôle de réservoir sanguin.

En dehors des veines satellites des artères, qui sont au nombre de deux pour chaque artère, il existe un système veineux périphérique complexe ; les veines se caractérisent extérieurement par leur disposition en réseau et en plexus et, surtout, par la présence des valvules, replis membraneux, semi-lunaires et opposés qui cloisonnent l'intérieur des veines et fonctionnent comme des soupapes ; le nombre des valvules est variable, en général inversement proportionnel au calibre des veines, plus grand dans les veines profondes que dans les veines superficielles.

La troisième caractéristique des veines est le nombre élevé des anastomoses (ou communications) veino-veineuses, artério-veineuses, veino-lymphatiques, etc., dont l'importance pathologique est énorme.

Nomenclature et distribution

Les veines pulmonaires. Les veines pulmonaires sont formées de deux collecteurs veineux pour chaque poumon, un pour la partie supérieure, l'autre pour la partie inférieure de ces organes ; elles assurent la petite circulation qui ramène au cœur le sang hématosé (cf. appareils circulatoires-Appareil circulatoire humain).

Les veines de la tête et du cou. Les veines du cerveau sont volumineuses et anastomosées ; un système veineux superficiel cortical draine les circonvolutions et un système veineux profond recueille le sang de la base du cerveau. Les veines du cou sont les veines sous-clavières, les troncs brachio-céphaliques, les veines jugulaires internes et externes antérieures et postérieures.

Les veines du membre supérieur. Certaines sont profondes et d'autres superficielles. Les veines profondes suivent le trajet des artères ; dans la main se trouvent des veines interosseuses et des arcades veineuses superficielles et profondes ; dans l'avant-bras, des veines radiales et cubitales ; dans le bras, des veines humérales, qui se réunissent au niveau de l'aisselle pour constituer la veine axillaire, laquelle passe sous la clavicule et prend le nom de veine sous-clavière. Les veines superficielles ou sous-cutanées saillent sous la peau et sont très apparentes chez certains sujets ; c'est à leur niveau que l'on pratique les injections intraveineuses, en particulier au pli du coude (à la « saignée » des auteurs anciens) ; ces veines superficielles forment un réseau aux mailles serrées au niveau de la main ; à l'avant-bras, on reconnaît deux ou trois collecteurs dont la réunion, au pli du coude, a la forme d'un M majuscule d'où partent, pour les bras, les veines basilique et céphalique, qui débouchent dans les veines axillaires et les veines de la base du cou.

Les veines du membre inférieur. Il existe un système superficiel et un système profond unis par des anastomoses appelées « perforantes », car elles doivent perforer l'aponévrose d'enveloppe des muscles de la jambe et de la cuisse. Les veines du système superficiel constituent un réseau dont les mailles sont assez lâches et qui se collectent dans deux grands axes : la veine saphène externe, qui remonte suivant « la couture du bas » et se termine par une crosse s'abouchant dans la veine poplitée ; la veine saphène interne, qui remonte le long de la face interne de la jambe puis de la cuisse et se termine par une crosse dans la veine fémorale, au niveau de l'aine. Les veines profondes sont parallèles aux artères (deux veines pour une artère) : les veines du pied et de la jambe se continuent par la veine poplitée, unique, volumineuse, qui suit les troncs tibio-péroniers, forme ensuite la veine fémorale, qui deviendra elle-même la veine iliaque externe.

Les veines de l'abdomen et du pelvis. Le bassin renferme les veines iliaques : l'iliaque externe continue la veine fémorale venant du membre inférieur, alors que l'iliaque interne, ou hypogastrique, vient du petit bassin, de la fesse et des nombreux affluents et collatéraux. Dans l'abdomen, la veine cave inférieure suit le bord droit du rachis, derrière le foie, et aboutit à l'oreillette droite. Le système porte draine le sang veineux provenant du tube digestif et se rend dans le domaine hépatique où les matières premières issues de la digestion sont transformées, stockées, puis remises en circulation par les veines sus-hépatiques qui aboutissent à la veine cave inférieure.

Les veines du thorax. La veine cave supérieure est la collectrice de toutes les veines sus-diaphragmatiques. Ses affluents sont les troncs brachio-céphaliques, volumineux collecteurs du sang de la tête, du cou et des membres supérieurs, formés de la confluence des veines jugulaires et sous-clavières.

Histologie

La paroi veineuse est composée de trois couches concentriques, soit, en allant de l'intérieur vers l'extérieur du vaisseau : l'intima, la média, l'adventice. La répartition, le nombre, la disposition des fibres lisses varient selon l'adaptation fonctionnelle de la veine à l'organe qu'elle irrigue. La paroi s'épaissit quand la veine doit supporter une forte pression hydrostatique.

Physiologie et physiopathologie

Les veines sont un système de conduits déformables où le sang circule à basse pression. Elles ont deux grandes fonctions, celle de ramener le sang au cœur, ce qui est le but principal de toute la circulation, mais aussi celle d'être une réserve de masse sanguine.

Pendant des siècles, de l'Antiquité au Moyen Âge, l'enseignement de la physiologie veineuse était fondé sur la certitude que les veines transportaient du sang nutritif, que les artères transportaient de l'air et que la paroi du cœur était poreuse pour permettre les échanges entre l'air et le sang. Depuis lors, la connaissance de la physiologie a beaucoup progressé. C'est surtout le problème du retour du sang veineux des membres inférieurs qui a attiré l'attention des chercheurs, car il présente des difficultés particulières dues à la pesanteur. Aussi prendra-t-on pour exemple l'étude de la physiologie veineuse de cette partie du corps.

La circulation sanguine dans les veines

Les problèmes du retour du sang veineux des membres inférieurs sont résolus par l'association de plusieurs mécanismes qui sont :

– La vis a tergo : résidu de la force propulsive de la systole (contraction cardiaque) qui continue à pousser le sang veineux après la barrière capillaire.

– La vis a fronte : c'est-à-dire la dépression créée dans les vaisseaux par l'aspiration diaphragmatique respiratoire formant dans l'abdomen une pression négative qui aspire le sang vers le haut.

– L'écrasement de la semelle veineuse au cours de la marche, qui amorce le retour du sang veineux. « L'homme marche comme sur une éponge. »

– Les valvules : petits lambeaux de la paroi interne de la veine qui, pour les Anciens, avaient une fonction hydraulique segme [...]

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Radiologie : aortographie

Radiologie : aortographie
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Unité fonctionnelle capillaire

Unité fonctionnelle capillaire
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Capillaire : coupe transversale

Capillaire : coupe transversale
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Radiologie : visualisation du système vasculaire

Radiologie : visualisation du système vasculaire
Crédits : Collection Guy Pallardy

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Écrit par :

  • : chirurgien assistant des hôpitaux, membre de la Société internationale de chirurgie cardio-vasculaire
  • : chargé d'enseignement à la faculté, coordinateur de l'enseignement de phlébologie à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Claude ELBAZ, Didier REINHAREZ, « VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vaisseaux-sanguins-et-lymphatiques/