TITE-LIVE (-59 env.-17)

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L'historien latin le plus fécond, celui dont l'œuvre conservée est la plus considérable, Tite-Live est aussi celui qui a fixé pour des siècles l'image de la Rome primitive puis républicaine et qui a résumé en une synthèse puissante l'œuvre des historiens romains qui l'avaient précédé et dont le lent travail est difficilement saisissable, puisque l'on ne possède plus que des fragments de leurs écrits. Contemporain d'Auguste (qui était né en 63), témoin de la formation de l'empire, il contribua à redonner à ses contemporains le sentiment de la grandeur romaine, que les guerres civiles pouvaient faire oublier. Bien que l'empereur le traitât volontiers de « pompéien » et affectât de croire qu'il s'était rallié de mauvais gré à l'ordre nouveau, lui-même appuyait sa propre politique sur les valeurs traditionnelles de la Rome aristocratique illustrées par l'histoire de Tite-Live et appréciait hautement celui-ci.

Une vocation d'historien

Tite-Live (Titus Livius) est un Italien du Nord. Il naquit à Padoue, d'une famille de bonne condition. Il vint à Rome dans son adolescence pour y recevoir l'enseignement des rhéteurs et des philosophes. Il se refusa à suivre une carrière politique, peut-être en raison des temps troublés que Rome traversait alors. Jouissant d'une totale indépendance, il s'adonna à l'étude. On sait par Sénèque qu'il composa un grand nombre de dialogues, où s'unissait philosophie et histoire, ainsi que des traités philosophiques. Ces ouvrages ont tous disparu. On admet généralement qu'ils appartenaient à la jeunesse de l'écrivain, son âge mûr ayant été complètement consacré à la rédaction de son Histoire, dont le titre semble avoir été Ab urbe condita libri CXLII (Cent Quarante-Deux Livres, depuis la fondation de la Ville). Cette œuvre immense paraît avoir été commencée entre 29 et 25 avant J.-C., c'est-à-dire alors que le régime d'Auguste commençait d'apparaître comme solidement établi et que l'on en discernait l'esprit, fondé sur le sentiment de la tradition nationale, la continuité de Rome et de ses valeurs morales essentielles (dévouement à la patrie, sobriété, endurance). De plus, Tite-Live avait le sentiment qu'une ère de la vie de Rome s'était close avec la fin des guerres civiles et qu'un nouveau cycle commençait, qui ne mettrait pas en jeu les mêmes forces, ne poserait pas les mêmes problèmes aux hommes d'État. À cet égard, l'Histoire de Tite-Live est un bilan, en même temps qu'une épopée.

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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

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LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature

  • Écrit par 
  • Pierre GRIMAL
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Dans le chapitre « Cet empire qui va naître »  : […] le plus notable historien qui écrivit sous Auguste fut un rhéteur originaire de Padoue, Tite-Live, homme d'école et non plus familier du Forum et de la Curie. Son œuvre se place entièrement sous le « règne » d'Auguste, entre 25 avant J.-C. et 9 après J.-C. Soucieux, comme ses prédécesseurs (Varron notamment) d'affirmer la continuité de Rome, il va […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/latines-langue-et-litterature-la-litterature/#i_43006

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Pour citer l’article

Pierre GRIMAL, « TITE-LIVE (-59 env.-17) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tite-live/