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THÉOPHRASTE (371 av. J.-C./70-288 av. J.-C./87)

Le « Divin Parleur » Tyrtamos d'Érèse, surnommé Théophraste, étudia pendant une trentaine d'années sous la direction d'Aristote, avant de lui succéder à la tête du Lycée quand le Stagirite se retira à Chalcis dans l'île d'Eubée (~ 322). La vision d'ensemble qu'il avait de l'œuvre du maître — seul Eudème de Rhodes peut lui être comparé à cet égard — et ses qualités d'orateur attirèrent de nombreux auditeurs à l'école qui atteint alors son acmé.

Quoi qu'il en soit de son apport propre dans le Corpus Aristotelicum (cf. travaux de J. Zürcher, 1952), Théophraste semble plus annoncer la pensée de Straton, son successeur au Lycée, qu'expliciter celle d'Aristote, du moins dans les rares textes qui nous sont parvenus d'une œuvre considérable (deux cent quarante titres, selon Diogène Laërce). La forme aporétique de sa métaphysique (dont on possède neuf fragments) et surtout la nature des limitations apportées à la finalité révèlent les réticences d'un esprit positif à l'égard de la philosophie première. En logique, il paraît, de la même façon, s'être plus intéressé à la théorie des modalités qu'à la fonction métaphysique du syllogisme, et les classifications qu'il propose en botanique, principalement celle des maladies des végétaux dans les neuf livres de l'Histoire des plantes (Peri phytôn historia) et les six livres du Traité sur les causes des plantes (Peri phytôn aitiôn) — seuls traités complets qui nous restent — confirment l'orientation scientifique de sa recherche. Les trente types de caractères, décrits dans l'opuscule qui partagea la célébrité même de l'ouvrage de La Bruyère publié en 1688, sous le titre : Les Caractères de Théophraste traduits du grec, avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle, s'inscrivent dans une tradition d'école. Les multiples controverses suscitées par ce fragment ne sauraient illustrer son contenu, et il demeure vrai qu'« on y trouve peu d'observations intéressantes » (A. Rivaud). Vraisemblablement appendice d'un traité de morale, ce fragment est toutefois indicatif d'un souci plus pragmatique que théorique (ce que n'infirment ni les extraits contenus dans la Grande Morale, ni les références qu'on trouve chez Cicéron, au De finibus notamment).

Mention à part doit être faite des Opinions des philosophes de la nature (Physikôn doxaï). Cet ouvrage qui, tel qu'il fut reconstitué — quarante-sept fragments identifiés — par Hermann Diels, dans Doxographi Graeci (1879), semble avoir été la principale source d'information des doxographes.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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Encyclopædia Universalis. THÉOPHRASTE (371 av. J.-C./70-288 av. J.-C./87) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

    • Écrit par
    • 11 137 mots
    • 8 médias
    ...disciples. L'école qu'il avait fondée en 335, le Lycée, sombrera rapidement dans le morcellement des disciplines, qu'Aristote avait voulu surmonter. Si Théophraste (env. 360-280) prolonge timidement la spéculation métaphysique de son maître, l'école, à partir de Straton (env. 320-250), ne s'intéressera...
  • BOTANIQUE (HISTOIRE DE LA)

    • Écrit par et
    • 4 843 mots
    • 1 média
    ...lui a attribué n'est pas ce qu'il avait écrit, sa théorie des plantes transparaît dans ses œuvres zoologiques. Les deux grands ouvrages de son disciple Théophraste, le Περὶ ϕυτω̃ν ἱστορία (Histoire des plantes), qui est une botanique générale distinguant les organes des plantes...
  • CARACTÈRES, genre littéraire

    • Écrit par
    • 293 mots

    Est-ce un « genre » que celui que ne représente qu'un seul ouvrage (car il faut laisser hors de cause les traités suivis, Caractères des passions, ou De l'amour, ou Des femmes par Mme de Pringy, et aussi les versificateurs singes de La Bruyère, les Sellier, les Teissier...) ? À la...

  • COULEURS, histoire de l'art

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    • 2 médias
    Le traité Sur les causes des plantes de Théophraste concerne indistinctement les colorants, les poudres, les fards, les racines et les essences tinctoriales ; il ne mentionne pas la couleur que nous définissons comme le bleu clair et dont il semble bien qu'elle était pratiquement inconnue dans la Grèce...
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