TAGE

Des quatre grands fleuves du versant atlantique de la péninsule Ibérique, le Tage est le plus long (1 007 km). Son bassin, limité au nord par la cordillère centrale, au sud par les monts de Tolède, est relativement peu étendu (81 600 km2). Né à 150 kilomètres de la Méditerranée, le fleuve coule vers l'ouest à travers le bassin tertiaire de la Nouvelle-Castille, le socle hercynien de la Meseta, puis un nouveau bassin tertiaire, avant de se terminer en une embouchure complexe composée d'un delta, d'un golfe intérieur, la mer de Paille, sur les rives duquel se développent l'agglomération et le port de Lisbonne, et enfin d'un étroit goulet débouchant sur l'océan Atlantique. Son régime méditerranéen est très contrasté. Aux basses eaux d'été succèdent les crues irrégulières de la saison froide. Les eaux peuvent, par endroits, monter de plus de 20 mètres et, dans la basse vallée, couvrir une étendue de 600 kilomètres carrés (inondations de février 1979, en particulier). Deux grandes villes sont nées sur les bords du Tage : Tolède et Lisbonne. La capitale du Portugal doit sa fortune à l'excellent port maritime que constitue l'estuaire du Tage et à la navigation, autrefois active le long de la basse vallée du fleuve. Le haut Tage et les affluents de rive droite ont été équipés de nombreux barrages (Alcántara, Entrepeñas, Buendía, ces deux derniers ayant formé un lac de retenu connu sous le nom de mer de Castille) qui régularisent quelque peu leur régime, produisent de l'électricité, fournissent l'eau nécessaire au refroidissement d'une centrale nucléaire espagnole et permettent l'irrigation des régions traversées.

—  Suzanne DAVEAU

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Suzanne DAVEAU, « TAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tage/