SURINAME

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique du Suriname (SR)
Chef de l'État et du gouvernementChandrikapersad Santokhi (depuis le 16 juillet 2020)
CapitaleParamaribo
Langue officiellenéerlandais
Unité monétairedollar du Suriname (SRD)
Population613 900 (estim. 2021)
Superficie (km2)163 820

Structures sociales et politiques

Une mosaïque multiraciale

Le Suriname a hérité de l'histoire une extrême diversité ethnique qui en fait, aux Caraïbes, un patchwork des plus surprenants. Concernant les deux principaux groupes, les Créoles, descendants d'esclaves noirs et de Blancs, étaient majoritaires en 1961 (36 p. 100) par rapport aux Hindoustanis, d'origine indienne (33 p. 100). Cette proportion s'est inversée au début des années 1970 pour ne plus notablement évoluer par la suite. Au début du xxie siècle, les Hindoustanis représentent près de 40 p. 100 de la population totale (qui est d'environ 500 000 hab.), les Créoles, 30 p. 100, alors que divers autres groupes restent stables : Javanais d'origine indonésienne (15 p. 100) ; Nègres marrons, ou Bosnegers (10 p. 100) ; Chinois (de 2 à 3 p. 100) ; et Amérindiens (de 2 à 3 p. 100).

Le caractère composite de ce peuplement se reflète dans les manières de vivre, de s'habiller, dans les religions, les traditions et les langues qui ne se mélangent pas mais se juxtaposent et s'additionnent. Une enquête entreprise en 1950 a montré que la distribution des langues parlées s'effectuait de la manière suivante : créole, de 85 à 90 p. 100 ; néerlandais, de 50 à 55 p. 100 ; hindi, de 30 à 35 p. 100 ; javanais, de 15 à 20 p. 100. Il faut en outre ajouter l'anglais, le malais et distinguer entre les Créoles de Suriname (saramacca, takitaki, nengre, sranang-tongo). Les religions sont également très variées : catholicisme, protestantisme (avec une variété incroyable de sectes), judaïsme, islamisme, hindouisme (avec ses deux branches : traditionalisme Sanatan et réformisme aryen), confucianisme, winti des Bosnegers, cultes des Amérindiens. La croissance de la population fut favorisée par la diminution du taux de mortalité à partir de 1900, due à des mesures prises dans le domaine de la santé et de l'hygiène (envoi de médecins dans les districts et création d'une école de médecine).

On observe une différence sensible sur le plan de la stratification sociale entre la capitale Paramaribo – en majorité peuplée de Créoles – et l'hinterland où dominent les Hindoustanis et les Indonésiens. L'analyse des recensements de 1963 et de 1971 a permis d'observer que les Hindoustanis sont devenus plus nombreux que les Créoles à cause de l'émigration de ces derniers, combinée à une plus grande fécondité des Hindoustanis. Le courant migratoire qui pousse alors les Créoles vers les Pays-Bas est la résultante de contraintes économiques et politiques.

Résistance des Bosnegers

En 1918, au moment de l'élaboration du budget, se posa la question, au Staten, de savoir ce que l'administration coloniale pourrait envisager pour promouvoir l'éducation et l'insertion du groupe des Bosnegers et des Amérindiens. Les descendants des Nègres marrons – qui préfèrent être appelés riviermensen (« gens du fleuve ») – avaient été jusque-là confiés aux missionnaires catholiques et protestants qui recevaient des subventions annuelles. Devant l'inefficacité de leur activité de conversion et d'éducation, après certaines tergiversations, un représentant de l'administration fut nommé pour établir des contacts et encourager l'intégration des riviermensen à la communauté du Suriname. C'est ainsi que, de 1919 à 1926, Willem Frederik van Lier devint chef de poste chez les Djukas dans le Haut-Marowijne. Un plan de développement qui prévoyait une action scolaire, sanitaire, médicale, agricole et forestière fut élaboré, mais son application se heurta à la résistance opposée par les Djukas et aux différends qui surgirent dans l'administration coloniale. Les Frères moraves et les missionnaires catholiques continuèrent seuls une œuvre d'évangélisation qui rencontrait de vives oppositions des Bosnegers. En 1963, trente-cinq écoles étaient ouvertes aux enfants des « gens du fleuve ». Le recensement de 1971 dénombrait un total de 39 500 Bosnegers. Autour des puissantes personnalités de ses granmans, grands chefs (Groot-Opperhoofd), la population des Bosnegers constitue au Suriname une originalité avec des traditions culturelles et surtout une dynamique propre de la résistance qui contribuent à la protéger des pressions extérieures.

La complexité politique

L'introduction du suffrage universel en 1948 et de la représentation proportionnelle en 1963 a encore accentué l'atomisation de la société et de la vie politique. Le système électoral du Suriname, qui a été longuement débattu entre 1945 et 1948, peut surprendre, avec son mode de scrutin qui balanc [...]

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Suriname : carte physique

Suriname : carte physique
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Suriname : drapeau

Suriname : drapeau
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Campagne électorale au Suriname, mai 1996

Campagne électorale au Suriname, mai 1996
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Écrit par :

  • : professeur d'histoire, directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques

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Pour citer l’article

Oruno D. LARA, « SURINAME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/suriname/