SURINAME

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique du Suriname (SR)
Chef de l'État et du gouvernementChandrikapersad Santokhi (depuis le 16 juillet 2020)
CapitaleParamaribo
Langue officiellenéerlandais
Unité monétairedollar du Suriname (SRD)
Population613 900 (estim. 2021)
Superficie (km2)163 820

L'indépendance et ses problèmes

Bourgeoisie « compradora » et néocolonialisme

L'élimination du V.H.P. et du Progressieve Nationale Partij (P.N.P.) des Créoles conservateurs aux élections de novembre 1973 et la victoire du Nationale Partij Kombinatie (N.P.K., parti en majorité créole et protestant) s'expliquent surtout par le mécontentement populaire causé par la croissance de l'inflation. Le N.P.K., arrivé au pouvoir – son leader Henk A. E. Arron devient Premier ministre – et poussé par le Partij van de Nationalistische Republik (P.N.R.) d'Eddy Bruma, un avocat créole partisan du « pouvoir noir », engageait le 15 février 1974 des pourparlers avec La Haye pour obtenir l'indépendance.

Les Pays-Bas, qui cherchaient à se débarrasser, d'une part, des émigrants qui leur posaient des problèmes sociaux et raciaux insolubles, d'autre part, de la responsabilité dans des mesures de répression afin de conserver l'image d'une Hollande pacifique, ne firent pas de difficultés pour fixer la date de l'indépendance au 25 novembre 1975. Porte-parole des Hindoustanis, l'avocat Jaggernath Lachmon, leader du V.H.P., afficha ouvertement ses craintes car, disait-il, « la dictature s'instaurerait après le 25 novembre ». L'annonce de l'indépendance intensifia le courant migratoire vers la Hollande. Plusieurs problèmes se posèrent : celui de la nationalité des Surinamiens vivant aux Pays-Bas (90 000 en 1975, 180 000 en 1981), la question des frontières avec la Guyana et la Guyane française, les modalités de l'aide économique accordée par La Haye, la défense et les affaires étrangères, les relations avec la C.E.E. En novembre 1974, le Suriname décida de se joindre à l'association des producteurs de bauxite créée le 8 mars 1974, qui regroupait déjà la Guinée, la Jamaïque, la Yougoslavie et l'Australie. Le problème de l'aide économique divisa le gouvernement : le Suriname réclama 7,5 milliards de florins pour réaliser en dix ans des projets industriels, notamment une ligne de chemin de fer et un barrage. Il n'en reçut que 2,7 milliards.

Johan Ferrier devint le premier président de la République et Henk Arron, Premier ministre. Les trois cents militaires néerlandais quittèrent le pays. Les Hindoustanis, mécontents d'une indépendance négociée et conduite par les Créoles – majoritaires au Parlement –, se heurtèrent aux initiatives du ministre de l'Économie, Eddy Bruma, qui tenta de « socialiser » la distribution de certaines denrées essentielles et de nationaliser des sociétés étrangères. Dès 1976, le Suriname adhéra au Caricom. Aux élections du 31 octobre 1977, la coalition sortante dirigée par Henk Arron emporta 24 des 39 sièges du Parlement. Une politique orientée par la bourgeoisie compradora et dirigée par les intérêts étrangers – en particulier le capital néerlandais – put ainsi se développer jusqu'en 1980.

Le pouvoir des militaires

Le 25 février 1980, la rupture s'opéra avec un « système caractérisé par l'injustice, la corruption, les inégalités sociales, la bureaucratie et le clientélisme ». Le coup d'État militaire installa un organe politique suprême (Beleidscentrum), composé de dirigeants militaires et civils, et tenta de remettre en ordre l'appareil d'État, les structures sociales, l'organisation économique et le système éducatif. Le président Hendrik Chin A-Sen déclara en 1981 : « Ainsi que vous le savez, nous avons obtenu notre indépendance en 1975. Il s'agissait d'une indépendance politique mais en vérité, dans les autres domaines, peu de choses ont changé après 1975. Notre principale tâche est de bâtir à partir de la société postcoloniale » (Le Courrier A.C.P., no 70).

Le nouveau gouvernement chercha à sortir d'une économie trop dépendante de la production de bauxite, d'une structure commerciale orientée vers l'importation et d'un système fiscal inéquitable. Selon la Déclaration gouvernementale du 1er mai 1980 et le Manifeste de la Révolution du 1er mai 1981, les cinq premières années qui ont suivi l'indépendance ont été négatives. Malgré un produit national brut « gonflé », que la Banque mondiale estimait à 2 370 dollars par habitant, le Suriname était un pays sous-développé où se posaient de graves problèmes économiques et sociaux. L'aide au développement accordée par les Pays-Bas par le traité de 1975 étant exprimée en florins néerlandais n'avait pas de valeur fixe : la c [...]

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Suriname : carte physique

Suriname : carte physique
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Suriname : drapeau

Suriname : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Campagne électorale au Suriname, mai 1996

Campagne électorale au Suriname, mai 1996
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Écrit par :

  • : professeur d'histoire, directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques

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Pour citer l’article

Oruno D. LARA, « SURINAME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/suriname/