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BAHMANIDES SULTANAT DES

États musulmans du Deccan (xive-xviie s.). En 1310, le deuxième sultan de la dynastie des Khaldjis, ‘Alā' ud-dīn, envoie son favori, Malik Kāfūr, dans le Sud. En quelques mois, il soumet les Hoysāla de Devagiri, les Kākatīyas de Warangal et les Hoysāla de Dwārasamudra : jusqu'au Malabar, le Deccan est mis à sac, et Malik Kāfūr rentre à Delhi avec un immense butin. Mais les souverains hindous se relèvent et Tughluk shāh, fondateur de la dynastie suivante du sultanat de Delhi, doit envoyer deux nouvelles expéditions commandées par son fils pour reprendre Warangal (1323). Arrivé à son tour sur le trône sous le nom de Muḥammad ben Tughluḳ, ce dernier a beaucoup de peine à maintenir le Deccan sous l'autorité de Delhi ; il le reconquiert une dernière fois jusqu'à Madurai, seuls les Hoysāla résistant encore. Il tente en 1327 d'installer sa capitale dans une nouvelle ville, Dawlatābād (à la place de Devagiri), d'où il pense mieux contrôler le Deccan, et y transfère en bloc toute la population de Delhi. C'est un échec catastrophique et, moins de deux ans plus tard, Delhi redevient capitale.

Le gouverneur musulman de l'extrême Sud ou Malabar (Ma‘bar) se révolte (1334) et le sultan ne peut le soumettre (1335). Cet exemple fait école ; un autre officier se proclame sultan indépendant (1347) à Dawlatābād sous le nom d'‘Alā' ud-dīn et prend le titre de bahman, c'est-à-dire de descendant des Achéménides. La dynastie bahmanide règne pendant près de deux siècles sur le Deccan en un État unique, centré sur la nouvelle capitale de Gulbarga, changée ensuite (1430) pour Bīdar, l'une et l'autre au Karnataka. Sous le quatorzième bahmanide, l'État se disloque en cinq sultanats, chacun sous une dynastie bahmanide : au nord-est, sur la haute Godāvarī, les ‘Imādshāhides du Berār (1484-1596), dont la capitale fut Eličpur ; au sud-ouest, sur le Karnataka, les ‘Adilshāhides (1489-1686) de Bījāpūr ; à l'ouest, sur le plateau mahrātte actuel, les Nizāmshāhides (1490-1632) d'Aḥmadnagar ; au centre, dans un territoire résiduel autour de l'ancienne capitale commune de Bīdar, les Barīdshāhides (1492-1619) ; au sud-est, sur le Tilangānā et le littoral āndhra, les Ḳuṭbshāhides (1518-1687) de Golconde, près de la future Hyderābād.

Les cinq sultans bahmanides, dont les uns (Aḥmadnagar et Bījāpūr) se réclament du shī‘isme et les autres du sunnisme, se livrent des guerres innombrables et succombent les uns après les autres sous les coups des nouveaux conquérants musulmans de l'Inde du Nord, les Moghols. Pourtant, le plus clair de leur activité militaire est tourné vers l'extrême Sud où refleurit depuis le xive siècle un empire hindou, celui de Vijayanagar (1336-1565), qu'ils finiront par jeter bas en joignant leurs efforts. Pendant deux siècles, les sultanats bahmanides ont exercé un rayonnement dont témoignent la réputation de Golconde et les monuments exceptionnels de Bījāpūr, où se dresse un des plus grands dômes du monde.

— Roland BRETON

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Écrit par

  • : docteur ès lettres, maître assistant à l'université d'Aix-Marseille

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • MAISŪR ou MYSORE

    • Écrit par Rita RÉGNIER
    • 1 787 mots
    • 4 médias
    ...bientôt : au sud de la Kiṣṭṇā, l'empire hindou de Vijayanagar (1336-1346 env.) constitué afin d'endiguer l'expansion de l'islam et, au nord, le royaume musulman Bahmani (1347). La victoire des musulmans à Talikota (1565) ayant entraîné la dislocation de l'empire hindou méridional, la région du Maisūr...
  • VIJAYANAGAR EMPIRE DE

    • Écrit par Roland BRETON
    • 518 mots

    Les rescapés de la dynastie hindoue des Kakatiya, du pays Āndhra, Harihara Ier et Bukka, chassés par les musulmans, fondent en 1336, sur les rives de la Tungabhadra, une place forte nouvelle, Vijayanagar, à la dénomination significative (ville de la victoire). Parti d'une confédération de cinq...

Voir aussi