SUBORDINATION & DOMINANCE HIÉRARCHIQUES

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Facteurs responsables du rang social

Le rang social d'un individu, sa position éventuelle de dominant dépendent de facteurs biologiques et psychologiques.

Les facteurs physiques tels que le poids et la taille montrent une corrélation positive avec le rang social, dans de nombreuses espèces ; mais il existe des exceptions (écureuil Citellus, chat, par exemple). La présence de cornes (Bovidés) ou de bois (Cervidés) est importante pour l'acquisition d'un statut social élevé ; elle est indispensable à son maintien chez le cerf, alors que chez les Bovins l'écornage ne modifie pas le rang.

L'âge montre aussi une corrélation positive avec le rang des Bovidés et d'autres Mammifères sociaux ; mais il faut remarquer qu'il est généralement lié à une taille et un poids plus grands, une plus grande ancienneté dans le groupe et une expérience plus développée. Chez les chevaux, expérience et ancienneté sont des facteurs importants, mais la taille et le poids jouent un rôle moindre.

Le sexe intervient : dans beaucoup d'espèces, les mâles dominent les femelles. Il y a cependant des exceptions : une femelle peut être dominante chez le chat, le macaque ou le chimpanzé ; un mâle castré peut être dominant (Bovins, renne). La dominance alterne parfois entre les individus des deux sexes : chez le renne, la femelle domine pendant l'hiver, le mâle pendant l'été.

Des changements de l'ordre hiérarchique selon les phases du comportement reproducteur sont connus chez certains Oiseaux. Chez les perruches ondulées ou les perroquets, n'importe quelle femelle domine tous les mâles en dehors de la saison de reproduction, et cela même dans la compétition alimentaire : elles se rassasient avant les mâles ; mais la situation s'inverse à l'époque de la reproduction. C'est le contraire chez les canaris.

Le cycle sexuel des Mammifères femelles, en particulier des Primates, interfère avec le rang social. Chez les chimpanzés, la turgescence de la peau sexuelle, qui est maximale au moment de l'ovulation (œstrus), favorise l'accès à un rang social élevé. Chez le macaque, une femelle en œstrus s'élève dans la hiérarchie lorsqu'elle devient l'épouse provisoire du mâle dominant. Chez le hamster, on note une évolution inverse : la femelle domine en dehors de l'œstrus.

Dans beaucoup d'espèces de Poissons, mais aussi de Mammifères, il existe un lien entre comportement territorial et hiérarchie : la possession du territoire est le signe et le moyen qui permet d'occuper un rang social élevé (C. Brillet).

Les descendants de femelles dominantes ont tendance à être dominants (lapin, loup, rat). Chez des Primates (macaques...) peuvent s'établir de véritables lignées matrilinéaires : les filles de la femelle dominante forment un clan qui domine les autres femelles ; dans ce processus, l'expérience sociale peut intervenir beaucoup plus que le patrimoine héréditaire.

Chez les Bovins domestiques, on n'observe pas de lien entre le rang social de la mère et celui de sa fille (M. F. Bouissou, P. Le Neindre) ; dans cette espèce, les jeunes forment des groupes homogènes, au sein du troupeau : c'est entre eux, et sans l'intervention d'adultes, que prennent place la plus grande partie des interactions sociales. Cela pourrait réduire, voire supprimer, l'action directe de la présence maternelle sur l'acquisition du rang hiérarchique.

Le passé de l'animal, son expérience antérieure sont souvent décisifs pour la fixation du rang social. Il peut s'agir de défaites essuyées ou de victoires remportées précédemment (B. E. Ginsburg et W. C. Allee, pour les souris), ou de territoire acquis. L'environnement social durant le jeune âge intervient aussi : des rats blancs manipulés quelques minutes chaque jour par un observateur perdent une partie de leur émotivité et tendent à dominer des animaux non traités de cette façon. Des chiens élevés dans l'isolement sont dominés par des congénères élevés en groupe ; des macaques séparés plus ou moins longtemps de leur mère sont plus facilement dominés que les autres. Il peut donc y avoir acquisition des caractéristiques de dominance par des contacts sociaux ou familiaux.

Des études sur les Bovins et les chevaux ont montré qu'il était possible de modifier les relations de dominance au sein d'un groupe de femelles en soumettant certaines d'entres elles à un traitement par des hormones sexuelles mâles. Les femelles traitées « gagnent des rangs » et peuvent devenir dominantes (toutes si l' [...]

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Pour citer l’article

Marie-France BOUISSOU, Georges LE MASNE, Jean-Pierre SIGNORET, « SUBORDINATION & DOMINANCE HIÉRARCHIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/subordination-et-dominance-hierarchiques/