SOTTIE ou SOTIE

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Au xve siècle, courte pièce satirique interprétée par une compagnie locale d'amateurs, les Sots, qui arboraient leur costume traditionnel : un pourpoint court, mi-vert, mi-jaune, des chausses collantes, et sur la tête un bonnet d'âne. Les sotties étaient souvent des parades improvisées, précédant la représentation des moralités et des farces. Les acteurs, qui tenaient en main la marotte des fous, agitaient les grelots et émaillaient leurs plaisanteries d'acrobaties et de clowneries diverses. Les sotties, essentiellement satiriques, étaient jouées par les Confréries joyeuses, collectivités locales d'amateurs, comme notamment la Basoche, association de clercs, ou les Enfants sans souci ; elles représentaient les préoccupations de l'époque, tant sur le plan politique que sur le plan social. Au xvie siècle, encouragé par Louis XII, Pierre Gringoire fit même servir les sotties à des fins de propagande officielle, en défendant, en 1512, la politique royale contre le pape Jules II dans Le Jeu du prince des Sots et de Mère Sotte.

 Le succès du genre en tant que tel s'éteignit peu à peu sous François Ier.

—  Nicole QUENTIN-MAURER

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Pour citer l’article

Nicole QUENTIN-MAURER, « SOTTIE ou SOTIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sottie-sotie/