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SMOLENSK

Capitale de la région administrative (oblast) russe homonyme, Smolensk, qui comptait 317 900 habitants en 2006, étend ses différents quartiers sur les deux rives du haut Dniepr. Placée au cœur d'une région agricole couverte encore en grande partie de forêts, la ville est née au voisinage de hauteurs dessinant la ligne de partage des eaux entre les trois bassins fluviaux du Dniepr, de la Dvina occidentale et de la Volga, à l'emplacement d'un carrefour de routes dont les deux artères principales relient l'une Moscou à la Pologne, l'autre le fond du golfe de la Baltique à Kiev, et qui se double d'un nœud ferroviaire important. Aussi, pendant des siècles, la forteresse qui lui a donné naissance a-t-elle successivement joué le rôle de « bouclier » de Moscou contre les Lituaniens, les Polonais, contre les troupes de Napoléon, puis contre celles de Hitler, si bien que la fonction principale du modeste centre industriel qu'elle est devenue consiste à être l'un des hauts lieux de la gloire militaire russe.

Smolensk est l'une des plus anciennes cités de la vieille Russie : son existence est mentionnée dans la Chronique de Nestor, sous l'année 863, en qualité de capitale de la tribu slave des Krivitches. Déjà, Smolensk était, sur la route allant de la mer Baltique à la mer Noire, la clé qui ouvrait le passage du Dniepr, contrôlant ainsi les communications entre les marchands varègues ou byzantins, comme entre les citadins de Novgorod et Polotsk, d'une part, et de Kiev, de l'autre. Enrichie par l'activité de ses commerçants et artisans tout au long des ixe et xe siècles, elle devient en 1127 la capitale de la principauté de Smolensk, puis, en 1137, le siège d'un diocèse.

Ayant échappé à la tutelle des Mongols Tatars, la ville doit pourtant se rendre au grand-duc de Lituanie en 1395, entrant ainsi dans un apanage princier dans lequel elle restera jusqu'au début du xvie siècle. Les Moscovites s'emparent alors, en 1514, de Smolensk qu'ils entourent d'une enceinte de pierre, édifiée entre 1596 et 1602 par l'architecte F. S. Kon. En 1611, le roi de Pologne Sigismond III s'empare à son tour de cette cité prospère, qui comptait plus de 100 000 habitants ; elle ne sera définitivement rendue à la Russie qu'en 1667 par le traité d'Androussovo.

Dotée de fonctions administratives, sans avoir perdu pour autant sa vocation militaire, la ville forte sera gravement éprouvée une nouvelle fois lors de l'invasion des troupes napoléoniennes, qui l'enlèvent d'assaut en juillet 1812 d'abord, puis s'y attardent lors de la retraite en novembre de la même année, l'Empereur ayant séjourné dans la ville du 14 au 17 de ce mois.

Aussi, au début du xxe siècle la cité n'est-elle peuplée que de 50 000 habitants, bien qu'une cinquantaine de fabriques (brasseries, tanneries, manufactures de tabac, briqueteries, poteries, cimenteries) y emploient alors plus de 1 000 ouvriers. La vocation industrielle de la cité se précise après l'installation du pouvoir soviétique : l'industrie du lin, celle de la confection, du bois et du meuble, les industries alimentaires se développent tant que la population atteint 157 000 habitants en 1939.

L'offensive allemande de juillet 1941 ruine une nouvelle fois la ville, que les soldats soviétiques doivent abandonner après une héroïque résistance. Libérée le 25 septembre 1943, elle met de nombreuses années à retrouver les activités économiques nécessaires à la reprise de son expansion, si bien qu'elle ne compte encore que 147 000 habitants en 1959. C'est maintenant un centre culturel et d'enseignement. Les principales industries sont l'agroalimentaire, le textile, la fabrication de machines-outils et d'instruments de mesure.

Relevée de ses ruines et embellie[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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