RACHMANINOV SERGUEÏ VASSILIEVITCH (1873-1943)

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Compositeur appartenant à une génération « intermédiaire » de la musique russe, Rachmaninov incarne, à la suite de Tchaïkovski, un romantisme russe, à travers un style d'expression empreint d'une intense subjectivité, éloigné de la thématique historique et légendaire qui constitua le domaine privilégié de ses aînés – Moussorgski, Borodine, Rimski-Korsakov. S'il est surtout connu pour ses œuvres pianistiques (concertos, préludes...), celles-ci ne doivent pas occulter des pages non moins remarquables de sa production orchestrale (trois symphonies, le poème symphonique L'Île des morts), de ses fresques chorales religieuses (liturgies, vêpres) et de ses nombreuses mélodies.

Le compositeur russe

Sergueï Vassilievitch Rachmaninov naît à Oneg, dans la province de Novgorod, le 20 mars (ancien style ; 1er avril nouveau style) 1873. L'essentiel de sa formation musicale se passe à Moscou, où il est l'élève privé de Nikolaï Sergueïevitch Zverev pour le piano, et d'Anton Stepanovitch Arenski et de Sergueï Ivanovitch Taneïev en écriture musicale au Conservatoire. Ses débuts de compositeur sont encouragés par Tchaïkovski. Après des pièces pour piano et des mélodies écrites à la fin des années 1880, des œuvres plus significatives apparaissent : le poème symphonique Prince Rostislav, d'après un poème d'Alexeï Konstantinovitch Tolstoï (1891), le Premier Concerto pour piano (1892, remanié en 1917) et, surtout, la même année, son opéra Aleko (d'après Les Tziganes de Pouchkine), son œuvre de fin d'études, qui lui vaut la médaille d'or du Conservatoire. Une belle carrière de pianiste, de chef d'orchestre et de compositeur s'ouvre devant lui ; entre 1892 et 1897 sont écrits, entre autres ouvrages, la Suite no 1 pour deux piano (Fantaisie-tableaux), le poème symphonique Le Rocher (d'après Tchekhov), le Trio élégiaque, dédié à la mémoire de Tchaïkovski (1893), les Six Chœurs avec piano, les Six Moments musicaux, de nombreuses mélodies... Mais le grave échec que connaît sa Première Symphonie, en 1897, éreintée par la critique, le plonge dans un état dépressif dont résulte un silence quasi total de trois ans. Un traitement psychothérapique auprès du médecin hypnotiseur Niels Dahl l'aide à revenir à la création, avec son Deuxième Concerto pour piano (1900-1901), qui restera sa partition la plus populaire.

Entre-temps, cependant, Rachmaninov n'est pas demeuré inactif musicalement, puisqu'il dirige des représentations de la troupe d'opéra privé de Savva Mamontov, où il se lie d'amitié avec la basse Fiodor Chaliapine. Après le Deuxième Concerto, sa production reste soutenue jusqu'en 1917. Les œuvres essentielles de cette période sont la Sonate pour violoncelle et piano (1901), la cantate Le Printemps, sur un poème de Nikolaï Alexeïevitch Nekrassov (1902), les Variations sur un thème de Chopin (1903), les séries de Préludes pour piano opus 23 (1905) et opus 32 (1910). Sa nomination en 1904 à la tête de l'Orchestre du Bolchoï de Moscou le fait revenir à la composition d'opéras avec deux ouvrages écrits coup sur coup (1904 et 1905), Le Chevalier avare (d'après la pièce éponyme de Pouchkine) et Francesca da Rimini, sur un livret de Modest Ilitch Tchaïkovski – dramaturge et frère du compositeur – inspiré d'un épisode de la Divine Comédie de Dante.

Entre 1906 et 1910, Rachmaninov vit principalement à l'étranger, notamment à Dresde, où il compose sa Deuxième Symphonie et sa Première Sonate pour piano. En mai 1907, il participe avec d'autres musiciens russes (parmi lesquels Rimski-Korsakov, Glazounov et Scriabine) aux concerts russes qui sont organisés à Paris par Diaghilev. Ses tournées de virtuose l'emmènent à travers toute l'Europe (Berlin, Varsovie, Londres, Amsterdam) et aux États-Unis (automne de 1909, hiver de 1909-1910). Ses autres œuvres majeures de ces années sont le poème symphonique L'Île des morts, d'après le tableau d'Arnold Böcklin (1908-1909), et le Troisième Concerto pour piano, sommet de la difficulté pianistique. De retour en Russie, Rachmaninov se prend d'intérêt pour le chant religieux orthodoxe, dont l'esthétique est en pleine rénovation, avec un retour marqué aux sources nationales. Ses deux vas [...]

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  • : docteur en musicologie, maître de conférences à l'université d'Évry, retraité

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Pour citer l’article

André LISCHKE, « RACHMANINOV SERGUEÏ VASSILIEVITCH - (1873-1943) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/serguei-vassilievitch-rachmaninov/