MEDTNER NICOLAS (1880-1951)

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Le Russe Nicolas Medtner peut être considéré comme le dernier représentant des grands pianistes-compositeurs post-romantiques. Longtemps éclipsée par celle de ses quasi contemporains Scriabine et Rachmaninov, son œuvre a été redécouverte par son compatriote Emil Guilels puis par l'Australien Geoffrey Tozer et le Canadien Marc-André Hamelin ; ses quatorze sonates pour piano s'affirment, aux côtés des cycles de Scriabine et de Prokofiev, comme les plus importantes du répertoire russe.

Nikolaï Karlovitch Medtner naît à Moscou le 24 décembre 1879 (ancien style) / 5 janvier 1880 (nouveau style), dans une famille d'ascendance allemande. À partir de 1892, il étudie au conservatoire de sa ville natale, où il a notamment comme maîtres Paul Pabst, Vassili Sapelnikov et Vassili Safonov pour le piano, Anton Arenski et Sergueï Taneïev pour la composition.

En 1900, Medtner reçoit la médaille d'or du Conservatoire de Moscou pour le piano. Il va dès lors partager son temps entre la composition pour son instrument et une carrière de soliste. Hostile au régime bolchevik, il quitte l'Union soviétique à l'automne de 1921 pour s'établir à Berlin puis à Paris. Medtner finira par s'installer à Londres en octobre 1935 ; il y meurt le 13 novembre 1951.

Sa carrière connaîtra des hauts et des bas, mais en tout cas jamais le franc succès d'un Rachmaninov, à qui certains le compareront insidieusement pour le faire passer pour un épigone moins talentueux. Vers la fin de sa vie, en 1946, il aura cependant la satisfaction de rencontrer un mécène, le maharaja de Mysore, qui lui permettra d'enregistrer certaines de ses œuvres pour la firme E.M.I.

C'est à son instrument que Medtner a consacré la majeure partie de son inspiration de compositeur. Son style est influencé par Schumann et Brahms, mais aussi par Rachmaninov – qui tenait en haute estime la musique de son compatriote – et Scriabine. Medtner refusera toujours la modernité, qui conduisait, en son temps, la tonalité dans ses derniers retranchements. Pour lui, point de salut sans tonalité. Ainsi, attaché à une esthétique refusant la déliquescence du langage tonal, il publie en 1935 un ouvrage violemment polémique contre la musique contemporaine, Mouza i moda (« La Muse et la mode »).

Ses quatorze sonates pour piano, d'une grande difficulté d'exécution, constituent un des plus importants corpus de ce genre au xxe siècle. Certaines, de structure traditionnelle, sont construites en trois ou quatre mouvements : ainsi, l'opus 5, en fa mineur, l'opus 22, en sol mineur, ou encore la Sonate-ballade, opus 27, en fa dièse majeur. D'autres sont en un seul mouvement, comme les trois sonates constituant la Sonaten-Triade, opus 11, ou l'opus 25 no 2, en mi mineur, ou encore l'opus 30, en la mineur.

La production de Medtner comprend encore trois concertos pour piano, quelques pièces de musique de chambre, de nombreuses mélodies (sur des poèmes de Eichendorff, Goethe, Heine, Nietzsche, Tiouttchev, Pouchkine, Lermontov...). Mais, en dehors de ses sonates, le versant le plus important de son œuvre pianistique – souvent comparé aux Préludes et aux Études-tableaux de Rachmaninov – est constitué par la quarantaine de Contes (intitulés « skazka », en russe, ou « Märchen », en allemand) qu'il composa comme autant de visions fugitives, sans programme ni contexte féerique précis, en dépit du sous-titre de certaines de ces pièces (par exemple Chant d'Ophélie et Marche du paladin de l'opus 14, Conte des elfes de l'opus 48).

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  • Michel-Rostislav HOFMANN
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Pour citer l’article

Alain FÉRON, « MEDTNER NICOLAS - (1880-1951) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-medtner/