SĀMARRĀ

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carte : Irak : carte administrative

Irak : carte administrative

Carte administrative de l'Irak. 

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Ville de l'Irak, Sāmarrā est située sur la rive gauche du Tigre, à 140 kilomètres au nord-ouest de Bagdad. Après l'intervention militaire de la coalition américano-britannique en 2003, cette cité au riche patrimoine architectural a été le théâtre de nombreux attentats entre sunnites et chiites qui ont détruit une partie de ce patrimoine. L'origine de la ville remonte au Ve millénaire, mais elle ne fut longtemps qu'une modeste bourgade. Son destin fut bouleversé lorsque le calife al-Mu‘tasim, délaissant Bagdad, la choisit comme capitale en 836 et lui donna le nom de Sourra Man Raa (« heureux celui qui la voit »). Sāmarrā resta capitale des ‘Abbāsides de 836 à 892 : ils y édifièrent palais et mosquées. L'art de Sāmarrā est original par l'ample utilisation qu'il fait de décors en plâtre ou en stuc, portant des fresques ou des reliefs sculptés ou moulés, imités du travail sur bois. Parmi ces bâtiments, on distingue l'impressionnante mosquée du Vendredi, construite sous al-Mutawakkil (847-861) : celle-ci dresse, en plein désert, les hautes murailles de brique de son enceinte et surtout son célèbre minaret hélicoïdal qui semble une réminiscence des antiques ziggourats mésopotamiennes. Elle a été légèrement endommagée en avril 2005.

Après le retour des califes à Bagdad, Sāmarrā déclina rapidement ; sa chute fut accélérée par l'abandon progressif des campagnes voisines revenues inexorablement à la steppe. Une communauté shi‘ite s'installa sur le site autour d'un sanctuaire élevé à l'emplacement où disparut le douzième imām, le mahdī, « celui qui doit revenir à la fin des temps ». Sāmarrā abritait aussi la mosquée Ali el Hadi renfermant les dépouilles des dixième et onzième imāms. Construite au ixe siècle, elle est appelée la Mosquée d'or en raison d'un dôme doré ajouté lors d'une des nombreuses restaurations. C'était l'un des lieux saints du chiisme. Elle a été touchée par un premier attentat en février 2006, qui a endommagé le dôme, puis par un second en juin 2007, qui a détruit les deux minarets. À la suite de ces attentats, l'U.N.E.S.C.O. a décidé, dès juin 2007, d'inscrire la ville archéologique de Sāmarrā sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

—  Jean-Marc PROST-TOURNIER

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  • : agrégé de l'Université, professeur à l'Institut de géographie du Proche et Moyen-Orient, Beyrouth

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Pour citer l’article

Jean-Marc PROST-TOURNIER, « SĀMARRĀ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/samarra/