SAINT LAURENT MATHIEU SAINT-LAURENT dit YVES (1936-2008)

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Des influences culturelles

Pour l'automne-hiver de 1965-1966, Saint Laurent développe avec succès le thème de la petite robe fourreau, en jersey, ornée d'un grand motif emprunté à Mondrian ou à Poliakoff, et propose un imperméable intégrant un matériau nouveau, le vinyle. L'automne-hiver de 1966-1967 voit l'éclosion de la célèbre série des robes pop art en jersey aux motifs linéaires de couleurs contrastées qui transgressent en douceur les normes de la haute couture. C'est aussi l'apparition de ce qui deviendra la marque de fabrique de la maison, le smoking pour femme, en grain de poudre noir, dont chaque année apportera une nouvelle version. La collection créée pour le printemps-été de 1967 comporte une série de robes Bambara et de « robes des tropiques » dégageant le nombril, inspirées des costumes traditionnels africains, que les mannequins portent avec d'insolites coiffures verticales créées par Alexandre de Paris.

Puis Saint Laurent s'oriente vers un style pratique, qui combine l'élégance et l'émancipation du corps et du vêtement. Ainsi, à partir de 1968, naissent l'ensemble-saharienne de coton beige aux poches à revers, le smoking-short, la robe du soir « nue » (une robe de mousseline noire qui se pose directement sur le buste et se dote, sur les hanches, d'un ample volant de plumes noires). Le sculpteur Claude Lalanne compose pour lui des bustiers anthropomorphes de cuivre doré, auxquels il suspend de longues jupes de crêpe sombre.

Au raccourcissement imposé alors par la mini-robe, Yves Saint Laurent oppose volontiers des longueurs « maxi » pour des manteaux de daim (1970). En revanche, il donne délibérément dans le court avec la collection Années quarante proposée pour l'automne-hiver de 1970-1971, qui combine les épaules carrées, les courtes jupes drapées et les chaussures à semelles compensées : cette collection, très controversée, annonce le style « rétro ». Yves Saint Laurent crée aussi des robes « proustiennes », à volants de taffetas ou de mousseline (1971).

La maison de couture est transférée avenue Marceau en 1974. Les collections y sont présentées dans un décor romantique et somptueux, à la manière d'un spectacle : jumpsuit habillés (1975), robes du soir Fortuny, en panne de velours (1975-1976), robes et ensembles Ballets russes (1976-1977), collection « espagnole » (1977) puis collection « chinoise » (1977-1978). Toujours fidèle au tailleur-pantalon (rebaptisé Broadway suit), le couturier n'abandonne pas les références culturelles avec par exemple une série de modèles conçus en hommage aux tableaux de Picasso et aux ballets russes de Diaghilev (1979-1980). Plusieurs de ses collections sont des hommages à des artistes ; en 1980, collection Shakespeare et les Poètes et en 1981, Hommage à Matisse, puis à Van Gogh en 1988, par exemple. En 1990, Yves Saint Laurent imagine une collection Hommages à tous les artistes qui l'ont inspiré au cours de sa carrière, de Bernard Buffet et Marcel Proust à Catherine Deneuve. Ses dernières collections illustrent la diversité de son talent : le goût de l’opulence sensible dans de somptueuses toilettes brodées s’oppose au classicisme des ensembles et tailleurs qui empruntent leur carrure libre et leur aisance aux vêtements masculins.

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Pour citer l’article

Guillaume GARNIER, « SAINT LAURENT MATHIEU SAINT-LAURENT dit YVES - (1936-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-laurent-mathieu-saint-laurent-dit-yves/