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SAIGŌ TAKAMORI (1828-1877)

Homme d'État japonais. Né dans une famille d'humbles officiers de Satsuma, Saigō Takamori bénéficia néanmoins d'une promotion rapide et fut revêtu de missions spéciales par son daimyō pour œuvrer en faveur de l'entrée des daimyō dans le gouvernement shōgunal. C'est ainsi qu'il se trouvait à Kyōto, en 1858, lors de la répression organisée par le bakufu dans la capitale impériale. Il s'enfuit dans son fief, puis, mêlé aux querelles dynastiques de la famille seigneuriale, il vécut en disgrâce, la plupart du temps, jusqu'en 1864. Il se fit alors l'homme des négociations et réussit de justesse à éviter la première guerre civile entre le bakufu et Chōshū. Il commanda un détachement de la garde impériale et, contre son gré, fut amené à repousser les compagnies de Chōshū qui assaillaient Kyōto. C'est par la suite qu'il fut progressivement convaincu de la nécessité de renverser le shōgunat. Il rencontra Kido Takayoshi en 1866 et réalisa peu à peu le rapprochement entre Satsuma et Chōshū, jusqu'à la seconde campagne du bakufu contre Chōshū, en 1867. L'un des artisans du coup d'État du 3 janvier 1868 par lequel la cour impériale proclamait le « retour à l'ancienne monarchie », il commanda l'armée qui conquit les principaux domaines du shōgun, entre Kyōto et le Kantō, et obtint la reddition sans condition d'Edo. Cependant, persuadé qu'il fallait mobiliser les forces traditionnelles, il bouda un certain temps le régime nouveau qui s'acheminait vers la modernisation. Il accepta néanmoins d'entrer au Conseil exécutif, en 1870, et proposa le concours de son armée pour rendre effective l'abolition des fiefs. Lorsque Kido Takayoshi et Ōkubo Toshimichi quittèrent le Japon avec l'ambassade d'Iwakura Tomomi, il demeura dans le gouvernement de Tōkyō. Afin de rassembler les bushi mécontents de la réorganisation de l'armée, il projeta de contraindre la Corée à l'ouverture, conscient que sa démarche aboutirait vraisemblablement à la guerre. Empêché par Ōkubo, de retour d'Europe, en 1873, il démissionna du gouvernement et s'en retourna dans son ancien fief. Là, il ouvrit une école pour les jeunes gens et forma une armée : Satsuma devint alors une enclave autonome de fait. Ōkubo, impatienté par cette dissidence, provoqua la guerre et fit occuper Satsuma par l'armée moderne, en 1877. Sachant la défaite inévitable, Saigō Takamori se suicida. Personnage plein de paradoxes, il fut à la fois l'un des principaux fondateurs du régime de Meiji et le plus grand des rebelles que la monarchie rénovée ait connus : il reste l'une des figures les plus populaires du Japon.

— Paul AKAMATSU

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire

    • Écrit par Paul AKAMATSU, Vadime ELISSEEFF, Universalis, Valérie NIQUET, Céline PAJON
    • 44 405 mots
    • 51 médias
    Mais, au niveau des officiers, l'alliance entre Satsuma, Chōshū et Tosa était alors faite. Saigō Takamori fomentait une guerre subversive dans le centre du Japon et à Edo même. Son collègue Ōkubo Toshimichi préparait le coup d'État, de connivence avec certains membres de la noblesse civile de Kyōto,...
  • ŌKUBO TOSHIMICHI (1830-1878)

    • Écrit par Paul AKAMATSU
    • 508 mots

    Homme d'État japonais. Né dans une famille d'humbles officiers de Satsuma, Ōkubo Toshimichi fut remarqué par ses seigneurs et put entrer dans le service financier du gouvernement du fief. Il fit partie du groupe des jeunes officiers réformistes et, à partir de 1866, il collabora avec Saigō...

  • SATSUMA

    • Écrit par Paul AKAMATSU
    • 644 mots

    Nom d'un fief qui, sous les Tokugawa, comprenait au Japon les anciennes provinces impériales de Satsuma, d'Ōsumi et la partie sud-ouest de celle de Hyūga, c'est-à-dire l'actuel département de Kagoshima et une partie de celui de Miyazaki. Les daimyō titulaires de Satsuma...

Voir aussi