SOUTHEY ROBERT (1774-1843)

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Poète anglais, auteur de nombreux textes en prose touchant à tous les genres, Robert Southey est resté surtout célèbre pour ses liens avec Samuel Taylor Coleridge et William Wordsworth, qui furent tous deux à la tête du romantisme anglais.

Fils d'un marchand de linges, Robert Southey, né à Bristol le 12 août 1774, passa la plus grande partie de son enfance à Bath, où il fut élevé par sa tante, Elizabeth Tyler. Il commença à écrire alors qu'il était encore à la Westminster School de Londres, dont il fut exclu pour s'en être pris, dans le journal de l'école, à l'usage abusif du fouet. Cette sanction aviva en lui son esprit de révolte et son enthousiasme pour les idéaux de la Révolution française. Quand, après la faillite et la mort de son père, il entra à Oxford, au Balliol College, il exprima son ardente sympathie pour la Révolution dans un long poème, Joan of Arc, publié en 1796. Il fit la connaissance de Coleridge, qui partageait ses vues, en 1794, et ils composèrent ensemble un drame en vers, The Fall of Robespierre (1794). À sa sortie d'Oxford, où il n'obtint aucun diplôme, il travailla à mettre en œuvre un projet de Coleridge : la création d'une « pantisocracy », c'est-à-dire d'une communauté agricole utopique, qui devait être implantée sur les bords de la Susquehannah River, aux États-Unis. Mais son intérêt pour l'entreprise faiblit, ce qui le brouilla pour un temps avec Coleridge.

En 1795, il se maria secrètement avec Edith Fricker, dont Colerige devait épouser peu après la sœur, Sara. Il s'ensuivit une rupture irrémédiable avec sa tante. À la fin de 1795, il suivit au Portugal son oncle, qui était l'aumônier anglais de Lisbonne. Durant son séjour au Portugal, il écrivit des lettres qui furent rassemblées dans un recueil intitulé Letters Written During a Short Residence in Spain and Portugal (1797), étudia la littérature de ces deux pays et apprit à « remercier Dieu d'être anglais ». C'est ainsi qu'il commença, de révolutionnaire qu'il était, à devenir conservateur. Il se mit à étudier le droit, mais se rendit bientôt compte qu'il se fourvoyait. En 1797, il commença à percevoir une annuité de 160 livres qui lui fut versée pendant neuf ans par un de ses anciens camarades d'école de Westminster, Charles Wynn. En 1797-1799, il publia un deuxième volume de poésie (Poems).

C'est alors qu'il décida de vivre de sa plume. Ses meilleurs poèmes, ses meilleures ballades datent de cette époque. Il se mit à collaborer régulièrement à des magazines et à des revues. Il publia également des traductions, édita les œuvres de Thomas Chatterton et composa deux épopées (Thalaba the Destroyer, 1801 ; Madoc, 1805).

En 1803, les Southey rendirent visite aux Coleridge, qui habitaient alors Greta Hall, à Keswick, où ils s'installèrent pour n'en plus partir, ce qui était l'occasion pour les deux sœurs, Sara et Edith, d'être enfin réunies. C'est ainsi que naquit l'amitié de Southey avec Wordsworth, lequel résidait tout près, à Grasmere. Les Southey avaient sept enfants, et lorsque Coleridge, abandonnant sa famille, alla s'installer à Malte, c'est de Southey que, pour un temps, dépendit financièrement toute la maisonnée. Il fut alors contraint de se multiplier : poésies, critiques, travaux d'histoire, biographies, traductions, éditions d'écrivains antérieurs. De 1809 à 1838, il écrivit pour la Quarterly Review, un magazine conservateur, quatre-vingt-quinze articles de politique, qui lui étaient payés 100 livres chacun. Ceux dans lesquels il plaidait pour le financement par l'État de « services sociaux » gardent tout leur intérêt. Il entreprit également une histoire du Portugal qu'il ne put malheureusement terminer : seule fut publiée, entre 1810 et 1819, une histoire du Brésil en trois volumes.

En 1813, Southey obtint, grâce à Walter Scott, la charge de poète lauréat, et, en 1835, la pension de 160 livres que lui avait assurée Wynn en 1807 fut portée par le gouvernement à 300 livres, en reconnaissance des services qu'il avait rendus à la littérature. La sécurité économique qu'il avait ainsi obtenue fut menacée en 1817 par la publication, contre son gré, de Wat Tyler, un drame de jeunesse en vers dans lequel il donnait libre cours à son républicanisme et qui déchaîn [...]

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Pour citer l’article

« SOUTHEY ROBERT - (1774-1843) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-southey/