RESPONSABILITÉ SOCIALE DES SCIENTIFIQUES

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Ernest Renan

Ernest Renan
Crédits : Hulton Getty

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Membres du mouvement raélien lors d'une cérémonie à Rome le 12 décembre 2004

Membres du mouvement raélien lors d'une cérémonie à Rome le 12 décembre 2004
Crédits : A. Pizzoli/ AFP/ Getty

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Hwang Woo-suk lors d'une conférence de presse à Séoul, le 12 janvier 2006

Hwang Woo-suk lors d'une conférence de presse à Séoul, le 12 janvier 2006
Crédits : Jung Yeon-Je/ AFP/ Getty

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Société de test ADN aux États-Unis

Société de test ADN aux États-Unis
Crédits : S. Schwarz/ Getty

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Chercheurs résistants

On ne peut pas accepter la charge sociale de producteur de savoir sans endosser la responsabilité de ce qu'il adviendra de ce savoir, au moins quand les enjeux technologiques ont été définis ou quand il y a déjà controverse sur l'usage à venir des innovations ainsi préparées. Bien sûr, nul ne sait exactement ce qui pourrait advenir d'un nouveau savoir, mais c'est aussi cet imprévisible qui oblige le scientifique à la responsabilité. Le moratoire sur le génie génétique décidé à la suite de la conférence d'Asilomar (1975) relevait de la volonté de précaution (ce qui est mieux que rien...) plutôt que d'une interrogation sur le sens et l'issue des recherches. La responsabilité du chercheur ne peut pas se réduire à prétendre assumer les conséquences de ses actes puisqu'il bénéficie d'une couverture par les institutions. Elle consisterait plutôt à solliciter et accepter le jugement par des tiers qui ne soient pas seulement des collègues. Le recours à l'avis d'un comité d'éthique peut correspondre à la recherche d'une couverture, le plus souvent compréhensive, aussi bien qu'à l'ouverture délibérée sur le monde. Une telle ouverture peut aussi passer par une démarche personnelle consistant à interroger des amis ou des personnes de culture pour recueillir leur opinion sur un projet de recherche, et parfois refuser de s'engager dans une voie dont on pressent des conséquences graves pour la société. Cette attitude d'objecteur de certaines recherches m'avait amené à demander (L'Œuf transparent, 1986) un « droit à la non-recherche », qu'on peut bien considérer comme preuve d'une certaine liberté du chercheur. Mais c'est une liberté négative que celle de s'enchaîner soi-même. Il est aussi difficile de l'expliciter auprès des collègues car l'autolimitation du chercheur attire la suspicion de ses pairs jusqu'à le faire considérer comme élément « anti-science »... De plus, quand l'interdit volontaire n'est pas vécu comme une provocation e [...]

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Jacques TESTART, « RESPONSABILITÉ SOCIALE DES SCIENTIFIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/responsabilite-sociale-des-scientifiques/