KEISER REINHARD (1674-1739)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Principal représentant de l'opéra baroque allemand au début du xviiie siècle, Reinhard Keiser naît à Teuchern près de Weissenfels, aux confins de la Saxe et de la Thuringe. Élève de son père (organiste à Weissenfels), de Schelle à Saint-Thomas de Leipzig, et du compositeur d'opéras Johann Sigismund Kusser, il suit ce dernier à Hambourg après avoir été quelque temps chef d'orchestre et compositeur à la cour de Brunswick. La cité de Hambourg, qui a su échapper aux désastres de la guerre de Trente Ans, a inauguré en 1678 avec La Création, la chute et le relèvement de l'homme (Der erschaffane, gefallene und aufgerichtete Mensch) de Johann Theile, élève de Schütz, l'opéra du Marché-aux-Oies (Die Oper am Gänsemarkt), qui se veut allemand et plus ou moins relié aux traditions populaires, et qui joue alors le même rôle que Venise, un peu plus tôt, pour l'opéra italien. Keiser y règne bientôt en maître incontesté, influencé par l'Italie et, dans une moindre mesure, par la France sur le plan littéraire, mais il est beaucoup plus libre sur le plan musical. Il prend la direction de l'établissement en 1703 (avant de devenir cantor de la cathédrale en 1728), y accueille le jeune Haendel, qui y compose quatre opéras dont, seul, le premier (Almira, 1704) a subsisté, et en écrit lui-même régulièrement (jusqu'à quatre ou cinq en un an) : ainsi Odysseus (1702), Orpheus (1702), Jules César élevé par la chute du grand Pompée (Der durch den Fall des grossen Pompejus erhötete Julius Cäsar, 1710), Croesus (1710, remanié en 1730), œuvres remarquables à la fois par la synthèse qu'on y observe entre les larges courbes du bel canto italien et les périodes plus brèves du lied allemand ainsi que par la fusion des trames poétique et musicale. C'est à l'opéra du Marché-aux-Oies, alors que Keiser, pour échapper à la prison pour dettes, a dû quitter Hambourg, qu'en 1725 Telemann fera représenter son intermède bouffe Pimpinone.

Quand Keiser meurt dans la cité hanséatique, l'opéra allemand est déjà en plein déclin, face à l'opéra italien bientôt personnifié, dans les pays germaniques, par Johann Adolf Hasse. Il faudra attendre près d'un demi-siècle, et surtout Mozart, pour le voir renaître.

—  Marc VIGNAL

Écrit par :

Classification


Autres références

«  KEISER REINHARD (1674-1739)  » est également traité dans :

CORELLI ARCANGELO

  • Écrit par 
  • Marc PINCHERLE
  •  • 2 917 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'émancipation de la mélodie »  : […] Son art du violon était fondé sur une conception qui devait être celle de toute la grande école italienne et de ses dérivées, les écoles franco-belge, anglaise et allemande, conception selon laquelle le violon était l'équivalent ou le pendant instrumental de la voix humaine. On lui attribue cette observation : «  Non udite lo parlare !  » (« Vous ne l'entendez pas parler ! ») […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arcangelo-corelli/#i_14415

Pour citer l’article

Marc VIGNAL, « KEISER REINHARD - (1674-1739) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reinhard-keiser/