DE GRAAF RÉGNIER (1641-1673)

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Médecin et physiologiste néerlandais, Reinier (ou Régnier) De Graaf est issu d’une famille aristocratique d’Amsterdam. Il naît le 30 juillet 1641 à Schoonhoven, en Hollande méridionale. Il étudie la médecine à Utrecht (1661) où Ijsbrand Van Diemerbroeck enseigne l'anatomie, puis à Leyde où ses maîtres sont notamment Johannes Van Horne et Franciscus de Le Boë (dit Sylvius). En 1664, De Graaf termine ses études médicales à Angers et reçoit le bonnet de docteur (1665). Il rentre aux Pays-Bas en 1667, s'installe à Delft et y exerce la médecine tout en se livrant à ses recherches. Il se lie avec Antonie Van Leeuwenhoek, qu'il présente en 1673 à la Royal Society de Londres. En 1672, son appartenance à l'Église catholique romaine l'empêche de succéder à Van Horne à la chaire d'anatomie de l'université de Leyde. Il meurt à Delft le 17 août 1673.

Reinier De Graaf

Photographie : Reinier De Graaf

Le physiologiste et médecin néerlandais Reinier De Graaf (1641-1673) est l'auteur d'importants travaux sur la reproduction des mammifères. On lui doit en particulier la démonstration que les animaux vivipares naissent d'un œuf, tout comme les ovipares. 

Crédits : Wellcome Collection ; CC-BY 3.0

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Au cours de ses premiers travaux, De Graaf étudie la physiologie digestive et publie Disputatio medica de natura et usu succi pancreatici (1663), où il montre le rôle du suc pancréatique dans la digestion. Extrapolant ses résultats, il voit l'origine des fièvres intermittentes comme le paludisme dans le mélange lui-même intermittent de la bile et de ce suc dans le duodénum.

Mais De Graaf est surtout connu pour ses travaux sur les organes de la génération et sur la théorie oviste de cette dernière. En cette seconde moitié du xviie siècle, le problème de la génération préoccupe le monde savant, et les anatomistes hollandais s'y intéressent vivement. En 1668 paraissent simultanément deux ouvrages sur les organes génitaux de l'homme : l'un de Van Horne, l'autre de De Graaf ; dans De virorum organis generationi inservientibus, de clysteribus et de usu syphonis in anatomia, l'auteur ajoute curieusement à la description des organes masculins de la reproduction un chapitre sur les clystères (dont il étudie notamment la valeur fébrifuge et nutritionnelle), et un chapitre sur sa récente invention d'une seringue qui permet d'introduire dans les vaisseaux des cadavres des substances qui en facilitent l'étude. Cette méthode a permis à De Graaf de décrire avec précision les vaisseaux spermatiques. L'un de ses condisciples de Leyde, Jan Swammerdam, perfectionnera la formule du liquide introduit mais revendiquera l'invention de la seringue, ce qui sera à l’origine d’un conflit d’antériorité.

En 1671, son ouvrage sur le suc pancréatique est réédité sous le titre Tractatus anatomico-medicus de succi pancreatici natura et usu, et De Graaf y joint une lettre, Accessit epistola de partibus genitalibus mulierum, dans laquelle il affirme le rôle de l'œuf dans la gestation des vivipares. Il développe ce point dans l'ouvrage publié en 1672 sous le titre De mulierum organis generationi inservientibus tractatus novus demonstrantum homines et animalia, caetera omnia, quae vivipara dicuntur, haud minus quam ovipara ab ovo originem ducere (« Les organes féminins de la reproduction. Nouveau traité montrant que les hommes et les animaux, et tous ceux que l'on appelle vivipares, trouvent leur origine dans l'œuf tout autant que les ovipares »). Il montre ainsi, par une longue série d'expériences sur des lapines, des chiennes, des vaches et sur des cadavres féminins, que les vivipares, comme les ovipares, naissent d'un œuf ; il adopte, après Van Horne, le terme d'ovaire pour ce que l'on nommait alors « testicule femelle ». S'il n'a pas vu l'ovule que Karl Ernst von Baer ne découvrira qu’en 1826, il a décrit les vésicules qui portent aujourd'hui son nom (follicules de De Graaf), en les prenant pour l'œuf lui-même. Sa longue série d'expériences lui permet de montrer le déroulement des premières phases de la génération, de l'œuf au fœtus, l'apparition des corps jaunes dont il remarque qu'ils sont en nombre égal à celui des embryons. Ses travaux lui valent une grande célébrité et donnent une base solide à la théorie oviste de la génération. Cependant, Swammerdam, qui étudie aussi le mécanisme de la reproduction, l'accuse publiquement de l'avoir plagié et d'avoir pillé Van Horne. La Royal Society de Londres est chargée de juger la querelle. De Graaf rédige Partium genitalium defensio adversus J. Swammerdam (1673), ce qui lui permit de triompher des calomnies mais, très affecté par les débats, il semble qu’il se soit donné la mort quel [...]

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SWAMMERDAM JAN (1637-1680)

  • Écrit par 
  • Jacqueline BROSSOLLET, 
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Le naturaliste hollandais Jan Swammerdam, bien que destiné à l'état religieux par son père (apothicaire à Amsterdam et collectionneur de toutes curiosités venues des Indes orientales), entre en 1661 à l'université de Leyde pour y étudier la médecine sous la direction notamment de Van Horne et de Franz de Le Boë. En 1663, il vient à Paris perfectionner ses connaissances en dissection et devient un […] Lire la suite

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Jacqueline BROSSOLLET, « DE GRAAF RÉGNIER - (1641-1673) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/regnier-de-graaf/