TILLON RAYMONDE (1915-2016)

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« L'esprit de liberté, la soif de justice, la lutte contre l'arbitraire sous toutes ses formes » : c'est ce qui caractérisait Raymonde Tillon, selon le communiqué par lequel le président de l'Assemblée nationale salua sa disparition, le 17 juillet 2016. Déjà, pour célébrer les cent ans de la dernière survivante des trente-trois premières femmes élues députées en octobre 1945, il avait rappelé que, par l'épreuve de sa déportation à Ravensbrück, Raymonde Tillon avait été « l'honneur de la France avant d'être l'élue des Français ».

Raymonde Tillon

Raymonde Tillon

Photographie

La rencontre de la résistante Raymonde Nédelec avec le commandant en chef des FTP eut lieu à l'Assemblée nationale, à laquelle elle fut une des premières femmes à siéger. Raymonde Tillon pose ici en avril 2005 avec le portrait de son mari Charles Tillon, mort en 1993. 

Crédits : Frank Perry/ AFP

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Raymonde Barbé naît à Puteaux, le 22 octobre 1915. Après avoir perdu ses parents en 1920, elle doit vivre dix ans dans un orphelinat catholique d'Arcueil. Elle s'en enfuit bien avant sa majorité et finit son adolescence en Provence, près d'un de ses frères. Adhérente des Jeunesses communistes, elle fut, avec Danielle Casanova, la fondatrice du groupe marseillais de l'Union des jeunes filles de France, organisation de jeunesse du Parti communiste français (PCF). Elle épousa en 1935 Charles Nédelec, un menuisier devenu permanent syndical qui, membre du comité central du PCF, devait mourir d'épuisement, le 22 mai 1944, après avoir fédéré plusieurs organisations clandestines dans la CGT.

Trois jours auparavant, le 19 mai 1944, Raymonde Nédelec quittait la prison de Rennes où elle avait fomenté une révolte. Livrée aux nazis, elle fut déportée en Allemagne. Arrêtée dès mars 1941, elle avait été condamnée à vingt ans de travaux forcés, en fonction de la législation rétroactive appliquée par les juges des sections spéciales de l'État français, à partir du second semestre de 1941. Elle avait continué à résister, fomentant une révolte à la prison des femmes de Rennes. Après son arrivée à Ravensbrück, elle est envoyée dans un Kommando de Leipzig où elle organise le sabotage de la fabrication des douilles d’obus. Le 20 avril 1945, elle trouve la force de s'évader d'une des colonnes lancées sur les routes par les nazis.

En septembre 1945, elle est la première conseillère générale comm [...]


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Écrit par :

  • : docteur en études politiques et en histoire, historien associé à la Délégation aux commémorations nationales du ministère de la Culture et de la Communication

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Pour citer l’article

Charles-Louis FOULON, « TILLON RAYMONDE - (1915-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/raymonde-tillon/