RĀKṢASA

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Parmi les innombrables êtres intermédiaires entre les hommes et les dieux, la mythologie hindoue connaît diverses classes de démons réunies sous l'appellation générique de rākṣasa (« gardien »). Leur origine est mal définie : on dit parfois que ce sont des dieux déchus, punis pour quelque faute grave ; plus souvent, les textes les tiennent pour des hommes « grands pécheurs » et condamnés à assumer pour un temps la fonction démonielle (dans ce cas le rākṣasa s'acharne à découvrir celui qui doit le remplacer et, pour cela, à détourner les hommes du droit chemin) ; il est rare que l'on tienne les démons pour des êtres qui sont destinés à le rester pendant toute la durée du cycle cosmique. En tant qu'incarnation du mal, ils sont, en effet, le signe de la dégradation du dharma (la norme universelle, la loi morale et religieuse, l'ordre cosmique). Le mal, certes, est nécessaire pour punir les méchants et induire les justes en tentation, mais il n'en est pas moins un scandale, une rupture de l'ordre des choses ; il porte en lui-même sa propre condamnation. Aussi les rākṣasas sont-ils à la fois tourmenteurs et tourmentés : peut-être même souffrent-ils plus que les pécheurs qu'ils torturent. Et tous les courants de bhakti (« dévotion ardente ») s'accordent à penser que le dieu de bonté (Vishnu, Krishna, etc.) sauve les pécheurs et les démons aussi bien que les justes. On interprète, par exemple, l'épopée du Rāmāyana comme une œuvre de salut opérée par Rāma (incarnation de Vishnu) pour délivrer le démon Rāvana de sa condition mauvaise. L'enlèvement de Sītā (femme de Rāma) par Rāvana devient la felix culpa qui justifie l'intervention rédemptrice de Vishnu : le trait qui perce le cœur de Rāvana vaincu est la manifestation de la grâce puisqu'il est lancé par Rāma. Rāvana sauvé monte au ciel en chantant les louanges du dieu sauveur.

Quant à la mythologie des rākṣasas, elle est riche et pittoresque compte tenu de l'imagination déployée par les auteurs de contes populaires, de ballades, d'œuvres littéra [...]


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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lyon-III

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TULSĪ-DĀS (1550 env.-1623)

  • Écrit par 
  • Charlotte VAUDEVILLE
  •  • 1 817 mots

Dans le chapitre « Le « Rāmāyaṇ » »  : […] Le Rāmacaritamānasa en langue avadhī est une œuvre imposante déjà par ses dimensions : plus de dix mille longs vers en stances composées chacune de quatre caupāīs et un dohā , forme narrative par excellence. De temps en temps, une strophe lyrique enjolive le récitatif, essentiellement destiné à être psalmodié. Quant à l'inspiration et à la perfection du style, le Rāmāyaṇ est un chef-d'œuvre : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tulsi-das/#i_43291

Pour citer l’article

Jean VARENNE, « RĀKṢASA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/raksasa/