D'ARONCO RAIMONDO (1857-1932)

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La première exposition internationale d'art décoratif moderne organisée à Turin en 1902 est généralement considérée comme signifiant la fin de l'Art nouveau. Or elle marque le véritable démarrage du mouvement en Italie jusqu'alors toujours dominée par l'académisme. Tous les créateurs du style Liberty ou du Floreale — appellations italiennes de l'Art nouveau — œuvrent au lendemain de la manifestation turinoise. Que ce soit Fenoglio à Turin, Sommaruga et Moretti à Milan, Basile à Palerme, D'Aronco à Constantinople. Les facilités ouvertes aux architectes et aux ingénieurs occidentaux par le sultan Abdul-Hamid au début du xxe siècle expliquent en effet que l'essentiel des réalisations de ce maître soit dans la capitale de l'empire turc.

D'Aronco, originaire du Frioul, province autrichienne jusqu'en 1918, travailla plusieurs années à Graz, capitale de la Styrie, avant de terminer ses études d'architecture à Venise. Après avoir remporté une médaille d'or au concours international ouvert pour l'érection du monument à Victor-Emmanuel II, en 1884, il avait acquis une certaine réputation de praticien néo-classique quand il présenta un projet pour l'ensemble des bâtiments devant abriter les sections de l'exposition de Turin. Cette fois, il s'inspira directement des maîtres de la Sécession viennoise et on le rangea parmi les novateurs.

En réalité, les nombreuses constructions élevées par D'Aronco à Constantinople entre 1896 et 1908 — y compris une mosquée — appartiennent plutôt au courant « éclectico-Art nouveau » que certains architectes ont alimenté sans complexes. Chez D'Aronco, les souvenirs orientaux et extrême-orientaux font bon ménage avec un bric-à-brac inspiré de l'Antiquité. Il ne suivra pas les Viennois dans leurs efforts vers l'austérité et sera insensible au futurisme. Définitivement rentré en Italie en 1908, D'Aronco édifiera le palais communal d'Udine, la capitale du Frioul, près de laquelle il était né. Rien n'y manque en fait de frontons, pilastres ioniques et putti, le retour au néo-classicisme est complet. Après l'éclat de 1902, D'Aronco aurait pu devenir le chef de file des rénovateurs italiens et introduire le véritable esprit viennois dans son pays. Il a raté son destin.

—  Roger-Henri GUERRAND

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Roger-Henri GUERRAND, « D'ARONCO RAIMONDO - (1857-1932) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/raimondo-d-aronco/