PROPERCE (env. 57-env. 15 av. J.-C.)

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De la passion à la louange de Rome

La chronologie des poèmes de Properce s'établit avec une relative clarté ; la plus ancienne des élégies qui se laissent dater est la pièce vi du livre I ; elle remonte à 29 avant J.-C., et l'on y trouve des allusions évidentes à une pièce de Tibulle (I, iii), qui est du printemps de 31. D'autre part, il y a, dans le livre II, une élégie (cf. la pièce xxxi), qui ne saurait dater que du début d'octobre 28. Ce qui implique que le livre I, intitulé par Properce Cynthia, Livre unique (Monobiblos), fut composé très vite, en 29-28, sous la double influence de l'amour et des Élégies de Tibulle. Une quinzaine de mois suffit donc pour écrire, ou rassembler, cette vingtaine d'élégies dont les deux dernières, qui font allusion aux jours sombres de Pérouse et à la guerre civile, sont évidemment des essais de la prime jeunesse ajoutés pour faire nombre.

Le deuxième livre se situe entre le mois d'octobre 28 et la fin de l'année 25 ; il comprend trente-quatre poèmes environ (certaines coupures entre les poèmes, telles que les indiquent les manuscrits, sont sans doute à réviser). Le livre III représente trois années de labeur : 25, 24, 23. Le livre IV, commencé après 23, fut-il publié du vivant de Properce ? On ne sait. La plus récente allusion datée qu'il renferme se rapporte à l'année 16 avant J.-C. ; peut-être ne fut-il publié qu'en 12, l'année où Auguste revêtit le grand pontificat, mais ce n'est qu'une hypothèse ; la date de la mort de Properce ne nous est pas connue.

Formé pendant les guerres civiles, Properce vit l'épanouissement de la poésie augustéenne, à laquelle il participa ; mais il fut moins sensible que Virgile et Horace aux angoisses et aux espoirs de cette génération. Longtemps centré sur son amour, il affirme que Cynthia est la seule source de son inspiration, ce qui, presque entièrement vrai pour le premier livre, le devient de moins en moins à mesure que l'œuvre avance. Le livre IV contient des « élégies romaines », où l'inspiration nationale, patriotique, voire archéologique, est dominante.


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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

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Pour citer l’article

Pierre GRIMAL, « PROPERCE (env. 57-env. 15 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/properce/