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PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE II, Émile Benveniste Fiche de lecture

Émile Benveniste

Émile Benveniste

Émile Benveniste (1902-1976) avait déjà une solide réputation de comparatiste, spécialiste des langues indo-européennes (Origines de la formation des noms en indo-européen, 1935, qu'allait prolonger le Vocabulaire des institutions indo-européennes, 1969), quand il s'est décidé à réunir une série d'articles parus dans des revues spécialisées entre 1939 et 1964 (Problèmes de linguistique générale, 1964) puis entre 1965 et 1972 (Problèmes de linguistique générale II, 1974). C'est dans le second volume que Benveniste confronte les propositions structurales aux interrogations des sciences (histoire, psychanalyse, philosophie, logique...). Il propose alors des réponses qui se trouvent au principe de plusieurs développements contemporains de la linguistique.

« L'homme dans la langue »

Tel est le cas de sa théorie de l'énonciation. Benveniste distingue deux types d'usage de la langue : cognitif (comme en logique, la langue est utilisée pour émettre des jugements indépendants du locuteur) et énonciatif. Alors que la proposition « Socrate est un homme » a une valeur universelle, la valeur de vérité de la proposition « Je suis une femme », à cause du « je » qu'elle contient, dépend de la personne qui la profère. Des éléments de la langue « à statut plein et permanent » s'opposent donc à d'autres qui dépendant de l'individu qui les emploie. « Ainsi l'énonciation est directement responsable de certaines classes de signes qu'elle promeut littéralement à l'existence. Car ils ne pourraient prendre naissance ni trouver emploi dans l'usage cognitif de la langue. Il faut donc distinguer les entités qui ont dans la langue leur statut plein et permanent et celles qui, émanant de l'énonciation, n'existent que dans le réseau d'« individus » que l'énonciation crée et par rapport à l'« ici-maintenant » du locuteur. Par exemple ; le « je », le « cela », le « demain » de la description grammaticale ne sont que les « noms » métalinguistiques de je, cela, demain produits dans l'énonciation.

Outre les formes qu'elle commande, l'énonciation donne des formes nécessaires aux grandes fonctions syntaxiques. Dès lors que l'énonciateur se sert de la langue pour influencer en quelque manière le comportement de l'allocutaire, il dispose à cette fin d'un appareil de fonctions. C'est, d'abord, l'interrogation, qui est une énonciation construite pour susciter une réponse, par un procès linguistique qui est en même temps un procès de comportement à double entrée. »

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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