PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE II, Émile BenvenisteFiche de lecture

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Une théorie de la subjectivité

Parmi les signes de l'énonciation, Benveniste distingue d'abord : les pronoms personnels (de première et deuxième personne) ; les formes de la deixis (celles qui servent à montrer quelqu'un ou quelque chose) ; les adverbes de temps à valeur relative (« aujourd'hui » par opposition au quantième). Ces trois éléments, réunis comme le « je-ici-maintenant », n'ont pas seulement un pouvoir de désignation : ils participent à la constitution du locuteur comme tel. Que suis-je sinon celui qui dit « je » en parlant de lui, ici, au moment présent ?

Opposant à un comportement cognitif centré sur l'objet un comportement argumentatif orienté vers le dialogue et l'interlocution, Benveniste est conduit à élargir son propos d'un ensemble fini de marques formelles à des fonctions (l'interrogation) et des attitudes (l'ironie par exemple). À ce titre, son travail anticipe sur les théories pragmatiques, dans la confrontation avec les philosophies anglo-saxonnes (empirisme logique, philosophie du langage ordinaire). L'analyse des textes et des discours (opposition discours/récit, théorie des embrayeurs) a largement tiré parti de ses recherches.

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Gabriel BERGOUNIOUX, « PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE II, Émile Benveniste - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/problemes-de-linguistique-generale-ii/