PRÉHISTOIREL'homme et le feu

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La cuisson des aliments

Auprès des plus anciens foyers comme des plus récents, le sol était jonché d'ossements des animaux rapportés par les chasseurs. Fracturés pour en extraire la moelle, ils sont aussi parfois brûlés, soit totalement, soit à une extrémité ou aux deux. Les foyers eux-mêmes sont souvent remplis de charbons d'os : restes de repas ou combustible, ou bien les deux successivement ? En effet, sans apporter de démonstration véritable, les ossements brûlés plaident en faveur de la cuisson des aliments dès une époque très ancienne, aussi ancienne même que celle de la découverte du feu.

Le passage d'une alimentation entièrement crue à une alimentation au moins en partie cuite eut sans doute des répercussions importantes sur l'organisme. Les hypothèses à cet égard sont nombreuses, mais aucune ne s'appuie sur une étude approfondie de ce problème. De même, les répercussions psychologiques et sociales restent (et resteront) du domaine des suppositions, car aucun fait matériel conservé ne peut en témoigner. Mais il n'est pas interdit de penser qu'elles furent de première importance : répartition des tâches dans le groupe, collectivisation de la préparation et de la consommation des aliments, instauration de l'échange.

Les modalités de cuisson nous échappent aussi, car rares sont celles qui laissent des traces non ambiguës dans le sol. Il suffit de dire que, compte tenu du niveau de développement technique, surtout au Paléolithique moyen et supérieur, les possibilités qui s'ouvraient théoriquement étaient très vastes : grillades, à même les braises ou sur des pierres chauffées, broches et brochettes (dont quelques supports ont survécu), cuisson à l'étouffée, cuisson en fours de terre, etc. Contrairement à une opinion répandue, il était même possible de faire bouillir des liquides, bien avant que la poterie ne fût utilisée, soit en plongeant des pierres brûlantes dans le liquide, soit en utilisant des récipients qui, humidifiés, résistent au feu : écorces, bambous, peaux ou panses de ruminants. Des aliments eux-mêmes, nous ne connaissons que la viande, mais la part [...]

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Écrit par :

  • : docteur en ethnologie préhistorique, maître assistant à l'université de Paris-X

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Pour citer l’article

Catherine PERLÈS, « PRÉHISTOIRE - L'homme et le feu », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/prehistoire-l-homme-et-le-feu/