PORT-ROYAL

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La gloire et les luttes

Rien d'essentiel ne sera désormais ajouté à l'esprit de Port-Royal. Mais il eut sa plus grande vigueur dans les quelque vingt années qui suivirent la mort de l'abbé de Saint-Cyran.

L'abbaye de Port-Royal atteignit alors son plus haut degré de prospérité. Les bâtiments du monastère de Paris furent agrandis et s'ornèrent d'une chapelle dessinée par Le Pautre. Le nombre des religieuses obligea, en 1648, à rouvrir le monastère des Champs. Les solitaires, plus nombreux aussi, occupèrent alors la maison des Granges, où de nouvelles constructions furent élevées pour les Petites Écoles.

Le rayonnement de Port-Royal attirait à lui de nombreuses personnalités d'élite et aussi beaucoup de fidèles obscurs. Citons, parmi les religieuses, auprès desquelles la mère Angélique garda jusqu'à sa mort (1661) la plus haute autorité morale, Jacqueline Pascal ; parmi les solitaires, Arnauld d'Andilly, Le Maistre de Sacy, Pierre Nicole ; parmi les élèves des Petites Écoles, Jean Racine ; parmi les familiers vivant dans le monde, des hommes aussi divers, par l'origine sociale et par l'éducation, que les ducs de Luynes et de Liancourt, les magistrats Du Gué de Bagnols et Maignart de Bernières, le savant Blaise Pascal.

Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne

Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne

Photographie

Philippe de Champaigne (1602-1674), Isaac Louis Le Maître de Sacy (1613-1684). 1646 ou 1648. Huile sur toile. 53 cm X 45 cm. Musée national des Granges de Port-Royal. Magny-les-Hameaux, Yvelines.. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

Afficher

Centre de vie intellectuelle et religieuse, Port-Royal publiait des ouvrages de piété et des traités pédagogiques dont les plus importants resteront la Grammaire et la Logique.

Cependant, la polémique mobilisait beaucoup d'énergies. Des controverses furent suscitées par La Fréquente Communion et surtout par l'Augustinus, ouvrage posthume de Jansénius, évêque d'Ypres. Publié en 1640, ce gros in-folio en latin, qui systématisait un peu brutalement la doctrine de saint Augustin sur la grâce, n'était accessible qu'à des théologiens de profession. Saint-Cyran n'avait aucunement participé à sa rédaction, mais il était lui-même augustinien et ami de Jansénius ; comme il avait été le maître spirituel de Port-Royal, les religieuses furent impliquées dans une controverse qui les dépassait.

Elles demeurèrent cependant à l'écart des polémiques, lesquelles s'amplifièrent [...]



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur de littérature française à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification


Autres références

«  PORT-ROYAL  » est également traité dans :

ARNAULD, ARNAULT ou ARNAUT LES

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 1 257 mots

Famille originaire d'Auvergne, établie à Paris au milieu du xvi e siècle, époque de sa première ascension et, sans doute, de son anoblissement. Gens de loi et de finances, hommes d'épée, hommes d'État s'y côtoient. Cependant c'est dans le domaine des lettres et surtout dans celui de la vie religieuse qu'elle atteindra sa plus haute illustration. Elle compte quatre générations remarquables. À la p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arnauld-arnault-arnaut/#i_9003

BOILEAU NICOLAS (1636-1711)

  • Écrit par 
  • Pierre CLARAC
  •  • 1 836 mots

Dans le chapitre « Le dernier combat : contre les casuistes »  : […] C'est contre la casuistique qu'il mènera son dernier combat. Il n'avait jamais masqué sa sympathie pour la logique et la dure morale de Port-Royal, alors persécuté. Les Provinciales lui semblaient le seul ouvrage de son siècle qui pût être comparé aux chefs-d'œuvre des Anciens. Contre la dispense d'aimer Dieu, si libéralement accordée par les Jésuites, contre l'« honneur du monde », contre l'équi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-boileau/#i_9003

BOUHOURS DOMINIQUE (1628-1702)

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 277 mots

Le plus « honnête homme » de la Compagnie de Jésus, et le plus estimé dans le monde, malgré une formation théologique, reçue à Bourges, et une carrière enseignante, commencée à Tours, puis vouée à des préceptorats flatteurs. L'éducation des jeunes princes de Longueville, celle de Seignelay, fils de Colbert, après un séjour à Dunkerque comme aumônier de garnison, assurent sa réputation. Fixé au col […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dominique-bouhours/#i_9003

CHAMPAIGNE PHILIPPE DE (1602-1674)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 1 048 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Un style baroque tempéré »  : […] En fait, depuis la mort de Pourbus (1622), il n'y a aucun peintre à Paris, hormis Simon Vouet, revenu d'Italie en 1627, qui soit comparable à Champaigne dans l'expression du sentiment religieux . Il n'y a pas non plus de meilleur portraitiste que ce fin scrutateur qui sait transgresser les codes un peu figés et solennels du genre par une attention minutieuse portée à la nature et à la psychologie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/champaigne-philippe-de-1602-1674/#i_9003

GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET RAISONNÉE, Antoine Arnauld et Claude Lancelot - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gabriel BERGOUNIOUX
  •  • 785 mots

Antoine Arnauld (1612-1694) est l'un des chefs de file du jansénisme, qui fut l' adversaire à la fois des Jésuites et des mouvements protestants. En France, ce courant dissident du catholicisme a son centre intellectuel à Port-Royal. Arnauld est l'auteur, avec Claude Lancelot, en 1660, d'une Grammaire générale et raisonnée et, en 1662, avec Pierre Nicole, de La Logique, ou l'Art de penser . Dans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grammaire-generale-et-raisonnee/#i_9003

JANSÉNISME

  • Écrit par 
  • Louis COGNET, 
  • Jean DELUMEAU, 
  • Maurice VAUSSARD
  •  • 4 137 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'« Augustinus » et Port-Royal »  : […] Le jansénisme fut d'abord une doctrine théologique fondée sur les écrits antipélagiens de saint Augustin. Après Baïus (1513-1589), le Hollandais Jansen (1585-1638) , évêque d'Ypres, affirma que, depuis le péché originel, la volonté de l'homme sans le secours divin n'est capable que du mal. Seule la grâce efficace peut lui faire préférer la délectation céleste à la délectation terrestre. Cette grâ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jansenisme/#i_9003

CLASSICISME

  • Écrit par 
  • Pierre DU COLOMBIER, 
  • Henri PEYRE
  •  • 13 796 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Ordre et clarté »  : […] On aimait naguère à parler de la clarté et de l'ordre comme des privilèges du classicisme et à dénier ces dons, ou la poursuite de ces mérites, à leurs successeurs chez qui des critiques attardés ne dénonçaient que confusion. Nous ne souscrivons plus à de tels clichés. Bien peu d'œuvres en prose de l'époque classique française sont des œuvres composées selon les normes qu'affectionnent les profess […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classicisme/#i_9003

LEMAISTRE DE SACY LOUIS ISAAC (1613-1684)

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 655 mots
  •  • 1 média

L'un des principaux solitaires de Port-Royal, poète, exégète, écrivain spirituel. Neveu, par sa mère, d'Arnauld d'Andilly et du grand Arnauld, frère cadet d'Antoine Lemaistre, Lemaistre de Sacy acquiert une solide formation d'humaniste et de théologien, mais, par discrétion naturelle et selon l'esprit de Saint-Cyran, il renonce au doctorat et, longtemps, à la prêtrise. À l'époque des premières co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-isaac-lemaistre-de-sacy/#i_9003

LE NAIN DE TILLEMONT LOUIS SÉBASTIEN (1637-1698)

  • Écrit par 
  • Bruno NEVEU
  •  • 837 mots

Après trois siècles, dont le dernier marqué par d'immenses progrès dans le champ des sciences historiques et philologiques, le monument édifié solitairement par Le Nain de Tillemont supporte les assauts du temps. L' Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné pendant les six premiers siècles de l'Église ... (Paris, 1690-1738, 6 vol.) et les Mémoires pour servir à l'histoire ecclési […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-sebastien-le-nain-de-tillemont/#i_9003

NICOLE PIERRE (1625-1695)

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 931 mots

L'un des principaux écrivains de Port-Royal, théologien, controversiste, moraliste. Né à Chartres, issu d'une famille d'humanistes et de poètes, Pierre Nicole est très tôt attiré dans le milieu de Port-Royal par une de ses tantes religieuse. Maître aux Petites Écoles, il poursuit ses propres études et devient en 1649 bachelier en théologie. Mais la même année, la Sorbonne condamne les Cinq Proposi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-nicole/#i_9003

NOAILLES LOUIS ANTOINE DE (1651-1729)

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 553 mots

Archevêque de Paris en 1695, après avoir été évêque de Cahors (1679), puis de Châlons (1680). Cardinal en 1700, Noailles doit son élévation au caractère illustre de sa famille, à sa réputation de piété, à la protection de M me  de Maintenon. Il est mêlé à la querelle quiétiste. En 1694-1695, il participe, aux côtés de Bossuet, à l'examen des écrits de Fénelon et de M me Guyon lors des conférences […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-antoine-de-noailles/#i_9003

PASCAL BLAISE (1623-1662)

  • Écrit par 
  • Dominique DESCOTES, 
  • François RUSSO
  •  • 8 433 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Port-Royal »  : […] C'est en 1646, à Rouen, que Pascal rencontre l'augustinisme grâce aux frères Deschamps, deux médecins venus soigner son père, qui lui font lire des ouvrages de Saint-Cyran et peut-être de Jansénius, dont il est si fortement frappé que, dans cette famille dont le catholicisme a été jusqu'alors tiède, il engendre un mouvement de ferveur qui touche particulièrement sa sœur Jacqueline. Cette première […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/blaise-pascal/#i_9003

PASCAL ET PORT-ROYAL (L. Marin)

  • Écrit par 
  • Daniel OSTER
  •  • 1 518 mots

Depuis les années 1970, rares sont les œuvres « savantes » qui se présentent aussi comme méditations. Méditation est un mot proprement classique, dont la teneur est tout à la fois philosophique et spirituelle, transitive et intransitive. Il a un sens pour Descartes, pour Pascal plus encore, et il en a un fort voisin pour Louis Marin, dont l'œuvre s'est constituée de réfléchissements sur elle-même […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pascal-et-port-royal/#i_9003

PAVILLON NICOLAS (1597-1677)

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 322 mots

Vincent de Paul fait nommer en 1637 Nicolas Pavillon à l'évêché d'Alet. Lorsque celui-ci quitte Paris pour cette région assez ingrate du Languedoc pyrénéen, c'est pour n'en plus revenir. Homme d'action, il s'emploie à la réorganisation religieuse de son diocèse — développant l'instruction, fondant un séminaire — et à la défense de ses diocésains, pour la plupart paysans pauvres, contre les exactio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-pavillon/#i_9003

PHILIPPE DE CHAMPAIGNE (exposition)

  • Écrit par 
  • Robert DUPIN
  •  • 1 131 mots

Depuis longtemps, les historiens de l'art et les amateurs du xvii e  siècle rêvaient d'une rétrospective de l'œuvre de Philippe de Champaigne. La dernière, il est vrai, avait eu lieu en 1952, à l'occasion du 350 e  anniversaire de la naissance de l'artiste, à l'initiative de Bernard Dorival, qui fut longtemps le grand spécialiste de l'artiste. L'exposition Philippe de Champaigne. Entre politique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-de-champaigne/#i_9003

LES PROVINCIALES, Blaise Pascal - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 1 416 mots
  •  • 1 média

Les Provinciales, ou Lettres escrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères , sont un ensemble de dix-huit lettres anonymes vendues clandestinement à Paris, puis publiées sous le pseudonyme de Louis de Montalte de janvier 1656 à mai 1657. Violemment attaqués par les jésuites et par la majorité des évêques […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-provinciales/#i_9003

RACINE JEAN

  • Écrit par 
  • Paul BÉNICHOU
  •  • 4 340 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'homme »  : […] Les faits importants de la vie et de la carrière de Racine sont connus. Il naquit à La Ferté-Milon d'une famille modeste ; orphelin dès ses premières années, il fut instruit à Port-Royal, grâce aux relations de sa famille avec ce monastère. À partir de 1658, venu à Paris, il s'orienta bientôt, en dépit d'une courte velléité de profession ecclésiastique, vers la littérature et la poésie. Sa carriè […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-racine/#i_9003

SAINT-CYRAN JEAN DUVERGIER DE HAURANNE abbé de (1581-1643)

  • Écrit par 
  • Jean-Robert ARMOGATHE
  •  • 519 mots

Prêtre et spirituel français, né à Bayonne d'une famille de gros négociants gascons et basques, Jean Duvergier de Hauranne fit ses études chez les jésuites d'Agen, puis dans les Universités de Paris et de Louvain. De brillantes études en théologie révèlent son intérêt pour les Pères de l'Église ; ayant lié connaissance avec Jansénius, étudiant à Louvain, il l'invite à venir travailler avec lui l'É […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-cyran-jean-duvergier-de-hauranne-abbe-de/#i_9003

SAINTE-ÉPINE MIRACLE DE LA

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 333 mots

Prêtée par un ami du monastère, une épine de la couronne du Christ (fragment de la relique pour laquelle Saint Louis avait fait bâtir la Sainte-Chapelle) est vénérée à Port-Royal de Paris au cours d'une cérémonie célébrée le vendredi 24 mars 1656. Dans la procession qui se déroule, marche une pensionnaire âgée de dix ans, Marguerite Périer, nièce de Pascal, affligée depuis plusieurs années d'une f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/miracle-de-la-sainte-epine/#i_9003

SINGLIN ANTOINE (1607-1664)

  • Écrit par 
  • André-Hubert MESNARD
  •  • 285 mots

Confesseur, puis supérieur des religieuses de Port-Royal. Fils et frère de marchands de vin, Antoine Singlin a d'abord été destiné au négoce. Sa vocation à l'état ecclésiastique est tardive, mais irrésistible. Il se tourne vers saint Vincent de Paul, qui le mène à la prêtrise ; puis fait en 1634 la connaissance de Saint-Cyran, auquel il s'attache exclusivement. L'abbé discerne en ce jeune homme, q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-singlin/#i_9003

Pour citer l’article

Jean MESNARD, « PORT-ROYAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/port-royal/