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HUYGHE PIERRE (1962- )

On pourrait presque affirmer que l'artiste français Pierre Huyghe n'existe pas, tant il se plaît à disparaître derrière son travail, et à faire disparaître ce dernier derrière les processus de fictionnalisation qu'il génère et développe.

Réappropriation du langage plastique

Né en 1962 dans la banlieue parisienne, Pierre Huyghe poursuit des études à Paris au début des années 1980, à l'École nationale des arts décoratifs, et s’impose véritablement sur la scène française dix ans plus tard, avec une vidéo surprenante en forme de carte de visite : Blanche-Neige, Lucie. Il se satisfait toujours de l'aura de mystère qui l'entoure, alors même que son œuvre occupe maintenant le devant de la scène artistique internationale.

Représenté, à Paris comme à New York, par une galerie américaine de premier plan – la Marian Goodman Gallery, qu'il partage avec Christian Boltanski, Daniel Buren et Annette Messager –, Pierre Huyghe est en effet l'un des rares artistes français de sa génération à avoir été honoré du grand prix de la biennale de Venise en 2001, à avoir bénéficié d'une exposition personnelle aussi bien au Centre Georges-Pompidou (2000 et 2013) et au musée d'Art moderne de la Ville de Paris (1998) qu'au Guggenheim Museum (2003) ou à la Dia Art Foundation à New York (2003).

Ambitieux, savant, nourri d'une grande rigueur et d'une égale maîtrise du langage plastique, son travail ne s'inscrit ni dans un postconceptualisme froid, ni dans un postformalisme élégant, mais réinvente d'œuvre en œuvre une langue ouverte, faite d'emprunts à l'histoire du cinéma ou de la littérature autant que de collaborations avec d'autres artistes, écrivains, savants ou architectes. S'il ne se laisse réduire ni à une discipline, ni à une méthode particulière, on pourrait le qualifier un peu rapidement de structuraliste ou de sémiologique, tant il semble s'approprier le travail d'autrui pour mieux en repérer les failles, puis en remodeler la matière autant que le sens.

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Écrit par

  • : critique d'art
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • PARRENO PHILIPPE (1964- )

    • Écrit par Bénédicte RAMADE
    • 644 mots

    Depuis le début des années 1990, Philippe Parreno, né à Oran en 1964, a distillé une action artistique parfois sibylline. Installations, vidéos, écrits, collaborations artistiques, le terrain de jeu de cet artiste est vaste et multiple. Qu'il travaille avec Pierre Huyghe, Dominique Gonzalez-Foerster...

  • TIRAVANIJA RIRKRIT (1961- )

    • Écrit par Bénédicte RAMADE
    • 657 mots

    Thaïlandais né en 1961 à Buenos Aires, Rirkrit Tiravanija incarne parfaitement la globalisation apparue dans les années 1990. L'artiste a été fortement influencé par le nomadisme et le besoin de reformer des micro-communautés face à un monde en croissance exponentielle. Dès la première apparition de...

  • VIDÉO ART

    • Écrit par Rosalind KRAUSS, Jacinto LAGEIRA, Bénédicte RAMADE
    • 5 807 mots
    Pierre Huyghe, lui, a proposé aux futurs habitants d'un quartier résidentiel dans l'État de New York d'inscrire un jour de fête célébrant ce nouveau départ sur leur calendrier. Dans le film Streamside Day Follies (2003), ce point zéro est symbolisé par la virginité idyllique de...

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