GOUTHIÈRE PIERRE (1732-env. 1814)

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On sait peu de chose sur les débuts et la formation de Pierre Gouthière. Grâce aux recherches de J. Robiquet (Vie et œuvre de Pierre Gouthière, 1920), on sait qu'il était fils d'un sellier de Bar-sur-Aube. On ignore où il fit son apprentissage de ciseleur-doreur, sans doute à Paris puisque, dès 1758, il épouse la veuve du doreur François Ceriset, dont il reprend l'atelier.

La réputation de Gouthière comme ciseleur et comme doreur (il est l'inventeur de la dorure au mat qui donnait au bronze l'apparence de l'or) s'affirma très rapidement. Grâce à la protection du duc d'Aumont, il obtint de travailler pour les Menus Plaisirs du roi ; en particulier, en 1770, au célèbre coffre à bijoux offert à la dauphine pour son mariage. Cette première grande commande indique l'activité propre de Gouthière : il interprète dans le métal, en fondant, en ciselant et en dorant, des modèles dessinés par des architectes (Bélanger, Ledoux) ou modelés par des sculpteurs (Houdon, Boizot). L'habileté du ciseleur-doreur vient de l'adaptation au métal du modèle proposé qui oblige à une transposition, qui exige de la précision dans la ciselure et une grande qualité dans la dorure. Gouthière maîtrisait parfaitement ces différentes techniques, ce qui explique les nombreuses commandes qu'il reçut de l'administration des Bâtiments du roi (cheminée du pavillon de Mme du Barry à Fontainebleau, actuellement à Versailles) ou de grands personnages (duc d'Aumont, duchesse de Mazarin, Mme du Barry pour Louveciennes). Il travaillait également en collaboration avec des ébénistes comme Riesener ou Martin Carlin. Ruiné parce qu'il ne reçut pas de Mme du Barry les sommes importantes qu'elle lui devait, il ne travailla plus guère après 1788.

On a attribué à Gouthière tous les ouvrages de qualité de la période Louis XVI. Certaines de ses œuvres, la pendule d'Avignon (Wallace Collection) ou les feux (chenets) au cerf et au sanglier de Louveciennes (Louvre), certains vases montés provenant de la collection du duc d'Aumont (Louvre) montrent l'originalité du style Gouthière : naturalisme des fleurs et des guirlandes, précision extrême mais dénuée de sécheresse de la ciselure, qualité de la dorure.

—  Colombe SAMOYAULT-VERLET

Écrit par :

  • : archiviste-paléographe, conservateur au Musée national du château de Fontainebleau, professeur à l'École du Louvre

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Pour citer l’article

Colombe SAMOYAULT-VERLET, « GOUTHIÈRE PIERRE (1732-env. 1814) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-gouthiere/