LENARD PHILIPP (1862-1947)

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Fils d'un marchand de vin, Philipp Lenard naquit à Pozsony (l'actuelle Bratislava en Slovaquie, alors en Hongrie) le 7 juin 1862 dans une famille d'origine tyrolienne. Ses études le menèrent de Budapest à Vienne, Berlin et enfin Heidelberg où il soutint sa thèse en 1886. Assistant de Gustav Hertz à Bonn de 1892 à 1894, il étudia les rayons cathodiques et réussit la prouesse technique de les faire sortir du tube à vide où ils étaient produits : pour cela, il remplaça la plaque de quartz qui scellait l'enceinte par une mince « fenêtre de Lenard » en aluminium les laissant passer. Cette découverte ouvrit la voie à l'étude détaillée des rayons cathodiques. Les travaux subséquents de Jean Perrin, John Joseph Thomson et Wilhelm Wien prouveraient bientôt qu'ils sont constitués de corpuscules chargés : les électrons.

Lenard occupa ensuite le poste de professeur dans les universités de Breslau (aujourd'hui Wrocław, en Pologne), Aix-la-Chapelle et Heidelberg avant de rejoindre, en 1898, l'université de Kiel. Ses recherches sur l'effet photoélectrique furent couronnées par deux découvertes qui allaient se révéler cruciales pour la reconnaissance ultérieure, par Einstein en 1905, de la nature corpusculaire des photons : la vitesse des électrons émis dépend de la fréquence du rayonnement incident mais pas de son intensité et, au contraire, le nombre d'électrons émis est fonction de cette intensité lumineuse. Lenard reçut en 1905 le prix Nobel de physique pour « ses travaux sur les rayons cathodiques ». Expérimentateur talentueux mais piètre théoricien, il fut un physicien aigri détestant la plupart de ses collègues, et devint un membre zélé du parti nazi dont il reçut le titre de « chef de la physique aryenne ». Il est mort le 20 mai 1947 à Messelhausen (Allemagne).

—  Bernard PIRE

Écrit par :

  • : directeur de recherche au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

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ÉLECTRICITÉ - Histoire

  • Écrit par 
  • Jacques NICOLLE
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Dans le chapitre « Ions, rayonnements »  : […] Rudolf Clausius (1822-1888) montra que, puisque la loi d'Ohm s'appliquait aussi aux électrolytes, le champ électrique faisait circuler les ions qui se trouvent dans le liquide vers les électrodes. En 1833, Johann Wilhelm Hittorf (1824-1914) précisa que, dans ce cas, les ions des deux signes ont des vitesses différentes. G. Johnstone Stoney (1826-1911) indiqua alors qu'il devait exister une charg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/electricite-histoire/#i_15241

Pour citer l’article

Bernard PIRE, « LENARD PHILIPP - (1862-1947) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/philipp-lenard/