CORNELIUS PETER (1824-1874)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le compositeur, poète et critique musical allemand Peter Cornelius demeure comme l'auteur de l'opéra-comique Le Barbier de Bagdad, dont la popularité durable dans les pays germaniques ne doit pas éclipser sa production de lieder, une des plus importantes de la seconde moitié du xixe siècle.

Fils de deux comédiens, Carl August Peter Cornelius voit le jour le 24 décembre 1824 à Mayence, dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt. Suivant l'exemple de ses parents, il se produit très jeune sur les planches, tout en étudiant la musique. Violoniste dans un orchestre de théâtre, il décide de se tourner vers la composition, qu'il étudie à Berlin de 1844 à 1849, auprès de Siegfried Dehn. Il fréquente à Berlin des personnalités de haute stature : Alexander von Humboldt, les frères Grimm, Friedrich Rückert, Paul Heyse, Felix Mendelssohn, Joseph von Eichendorff, Hans von Bülow... Il devient critique musical pour des journaux berlinois. En octobre 1853, il rencontre à Bâle Richard Wagner. Entre 1853 et 1859, il vit à Weimar, où il appartient au cercle de Franz Liszt et de la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein ; il traduit en allemand des conférences de Liszt données en français ainsi que des articles d'Hector Berlioz pour la revue Neue Zeitschrift für Musik, organe de la Neudeutsche Schule (Nouvelle École allemande). En novembre 1856, Peter Cornelius commence à composer Der Barbier von Bagdad (Le Barbier de Bagdad), opéra en deux actes sur un livret de sa main inspiré d'un conte des Mille et Une Nuits, « L'Histoire du tailleur ». Lors de sa création au Grossherzogliches Hoftheater de Weimar, le 15 décembre 1858, sous la direction de Liszt, l'ouvrage essuie un échec cuisant – non pas à cause de sa qualité, mais du fait d'une cabale dirigée contre Liszt, et qui amènera ce dernier à remettre sa démission au grand-duc. Il ne sera plus représenté du vivant de Cornelius, et sera révisé et réduit à un acte par Felix Mottl, qui crée cette version le 1er février 1881 à Karlsruhe ; celle-ci sera elle-même complétée par Hermann Levi et créée le 15 octobre 1885 à Munich. La version originale triomphera le 10 juin 1904, à Weimar, et son succès, dès lors, ne se démentira plus.

D'avril 1859 à la fin de 1864, Peter Cornelius vit à Vienne, où il se lie d'amitié avec Wagner. En 1865, il accompagne ce dernier à Munich et devient lecteur du roi Louis II de Bavière et professeur d'harmonie et de rhétorique à la Königliche Musikschule (École royale de musique), dirigée par Hans von Bülow. Peter Cornelius composera deux autres ouvrages lyriques : le drame Der Cid (sur un livret qu'il adapte d'après les œuvres homonymes de Guillén de Castro y Belivís, de Pierre Corneille et de Johann Gottfried Herder, créé au Hoftheater de Weimar le 21 mai 1865, révisé par Hermann Levi en 1891 et recréé par celui-ci à Munich en 1893) et Gunlöd (sur un livret du compositeur inspiré de l'Edda) ; ce dernier opéra, inachevé à la mort de Cornelius, le 26 octobre 1874, à Mayence, manifeste l'influence de Wagner ; il sera terminé par Karl Hoffbauer et Eduard Lassen et créé au Hoftheater de Weimar le 6 mai 1891.

Poète lyrique mineur, Peter Cornelius a mis en musique nombre de ses propres poèmes – parmi lesquels Trauer und Trost, opus 3 (1854), Vater unser, opus 2 (1854-1855), Weihnachtslieder, opus 8 (1856), et Brautlieder (1856) – ainsi que des poèmes ou textes de Shakespeare, Cervantès, Heinrich Heine, Adelbert von Chamisso, Ludwig Uhland, Friedrich Hölderlin, Annette von Droste-Hülshoff... Sa sensibilité apparaît dans ces quelque 80 lieder, dont l'écriture pianistique raffinée, les harmonies novatrices et le chromatisme annoncent Hugo Wolf. Il a écrit de nombreux lieder pour deux voix, dont il faut citer les Trois Duos, pour soprano et baryton, opus 6 (1861-1862), et des chœurs.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Classification

Pour citer l’article

« CORNELIUS PETER - (1824-1874) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-cornelius/