KAGAME PAUL (1957- )

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Président du Rwanda depuis 2000.

Né le 23 octobre 1957 à Gitarama, dans le centre du Rwanda, Paul Kagame grandit en exil en Ouganda. Ses parents ont quitté le pays en 1959, lors des premières violences perpétrées contre les Tutsi par les Hutu dans le contexte de l'indépendance du pays. Kagame poursuit des études à l'université de Makerere, à Kampala, avant de rejoindre, en 1979, les forces de Yoweri Museveni (futur président de l'Ouganda) qui renversent le président ougandais Milton Obote en 1985. Kagame devient le chef des renseignements de l'armée du nouveau dirigeant, poste où il impose une image d'homme incorruptible et discipliné qui fait respecter un code de conduite sévère. À la fin des années 1980, Kagame et trois autres chefs militaires rwandais expatriés constituent le Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement rebelle d'origine tutsi, et préparent le renversement du régime pro-hutu rwandais. Alors que Kagame suit une formation à l'École supérieure de guerre de Fort Leavenworth (dans le Kansas), la tentative d'invasion conduite, en octobre 1990, par des vétérans tutsi de l'armée ougandaise, est repoussée. Les trois chefs militaires du FPR sont tués lors des offensives menées depuis leurs bases ougandaises, laissant à Kagame le commandement de la rébellion armée tutsi. Durant trois ans, l'armée rwandaise maintient sa défense face aux forces rebelles, grâce au soutien apporté par la France. Un accord de paix entre le gouvernement et le FPR est conclu le 4 août 1993 pour imposer un cessez-le-feu et un partage du pouvoir à Kigali, mais il restera lettre morte.

L'assassinat, dans des circonstances troubles, du président hutu Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, est le déclencheur du génocide de la minorité tutsi, orchestré par les milices hutu, et qui fera près d'un million de morts en l'espace de cent jours. Kagame et le FPR reprennent alors la lutte armée. Surpassés en nombre par l'armée rwandaise, les rebelles appliquent à la perfection une stratégie de guérilla de longue haleine. Le 4 juillet, le FPR assiège et prend la capitale Kigali, malgré l'intervention française autorisée par l'ONU, appelée opération Turquoise. En quelques semaines, le FPR prend le contrôle du pays et provoque l'exode massif des Hutu, notamment vers le Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). Le nouveau régime comprend un président et un Premier ministre, mais la réalité du pouvoir appartient à Kagame « l'homme fort » qui, à trente-sept ans, cumule les fonctions de vice-président et de ministre de la Défense du gouvernement d'union nationale. Celui-ci veille à prévenir toutes représailles aveugles de la part des Tutsi, de façon à enrayer la spirale des violences et appelle les deux composantes de son peuple à vivre ensemble. Mais des accusations de corruption et de tendance dictatoriale entraînent des démissions dans le gouvernement. En mars 2000, à la suite de la démission du président hutu modéré Pasteur Bizimungu, Kagame assure l'intérim avant d'être élu président par le Parlement, en avril. Le 25 août 2003, il remporte la première élection présidentielle au suffrage universel de l'histoire du pays, avec plus de 95 % des suffrages.

Le nouveau président s’efforce d’unifier le pays et de redresser une économie sinistrée par la guerre. Tout en asseyant un pouvoir sans partage dans lequel le FPR joue pratiquement le rôle de parti unique, Paul Kagame mène une politique volontariste sur les thèmes de la réconciliation et de la justice et met en place des réformes économiques qui permettent au Rwanda, pays enclavé sans autres ressources qu’agricoles, de devenir un modèle de développement pour les pays de la région.

En 2006, le président Kagame rompt les relations diplomatiques avec Paris après qu’un juge français l’a accusé, avec plusieurs de ses proches, d’être impliqué dans l’attentat contre l’avion présidentiel de Juvénal Habyarimana qui a déclenché le génocide en 1994. Paul Kagame réplique en accusant la France d’avoir armé et soutenu les rebelles responsables des massacres. En 2010, le rapport de l’enquête lancée trois ans auparavant par le chef de l’État conclut à la responsabilité de militaires hutu extrémistes. À la fin de 2009, Paris et Kigali rouvrent leurs ambassades respectives.

En août 2010, malgré le caractère autocratique d [...]

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  • Écrit par 
  • François BART, 
  • Jean-Pierre CHRÉTIEN, 
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Dans le chapitre « Le régime du F.P.R. »  : […] Sur le plan politique, le pouvoir intérimaire, qui a fonctionné de 1994 à 2003, se référait à trois textes : la Constitution de 1991, les accords d'Arusha de 1993 et un protocole de gouvernement conclus entre le F.P.R. et les autres partis (sauf le M.R.N.D. disqualifié par le génocide) en novembre 1994. L'Assemblée provisoire comprenait notamment des représentants du F.P.R., du M.D.R., du P.S.D. e […] Lire la suite

Pour citer l’article

« KAGAME PAUL (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-kagame/