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PAUL D'ÉGINE (625 env.-690)

La médecine et surtout la chirurgie byzantines du viie siècle sont dominées par Paul d'Égine dont le seul ouvrage qui nous soit parvenu est l'Épitomê de la médecine. On sait cependant que son œuvre fut plus considérable et qu'elle fut traduite, de son vivant, par les Arabes. Il étudia à Alexandrie toutes les sciences enseignées à cette époque, voyagea beaucoup ensuite en Asie Mineure et se fixa pour longtemps à Rome.

D'une longue pratique de médecin et de chirurgien, il tira l'Épitomê en sept livres : le Ier consacré à l'hygiène et à la diététique, le IIe aux fièvres, le IIIe aux affections internes localisées (maladies des yeux, des oreilles, du cerveau, des nerfs, etc.), le IVe traitant des hémorragies, des maladies de la peau et de la lèpre, le Ve des venins et poisons, le VIe de la chirurgie et le VIIe de la pharmacologie. Ce dernier livre reproduit le tableau de la peste bubonique établi par Rufus d'Éphèse au ier siècle, et mentionne pour la première fois le bubon pesteux. Paul d'Égine s'appuie sur les auteurs anciens qu'il cite souvent, mais n'en est pas esclave. Des sept livres, celui consacré à la chirurgie est encore aujourd'hui le plus estimé pour les précisions opératoires et la description des instruments et de leur emploi. Ce VIe livre est divisé en deux parties : la première consacrée à la chirurgie des parties charnues, la seconde à celle des os. Il se montre là, comme en médecine, soucieux des effets à long terme des traitements, et s'il recommande l'ablation de la tumeur dans le cancer du sein, il déconseille d'opérer le cancer de l'utérus à rémission brève. Sa technique d'opération de la hernie inguinale est restée classique jusqu'au xviie siècle. Il donne une bonne description de la lithotomie (fractionnement des pierres formées dans la vessie) et du cathétérisme de la vessie permettant l'injection de médicaments. Il conseille de cautériser l'abcès du foie et de la rate, et décrit le drainage par canule pour l'évacuation des ascites. Décrivant la trachéotomie après Antyllos, il précise comment éviter l'asphyxie en incisant transversalement entre deux anneaux de la trachée.

Son livre sur la chirurgie démontre que les médecins du viie siècle, piètres anatomistes, possédaient par contre une très grande habileté technique. Jusqu'au xviie siècle, sa renommée fut telle que l'enseignement de la chirurgie à la faculté de médecine de Paris débutait obligatoirement par l'étude du VIe livre de Paul d'Égine.

Il doit également sa célébrité à ses talents de gynécologue ; il est le premier médecin connu ayant pratiqué des accouchements, réservés auparavant aux sages-femmes. Bien que son livre sur les maladies des femmes soit perdu, on sait cependant qu'il a précisé l'utilisation du spéculum en gynécologie, étudié l'extraction du fœtus, et les dystocies.

— Jacqueline BROSSOLLET

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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