PATARINS

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Terme désignant les membres (patarinos, paterenos, paterinos) de différents mouvements réformateurs ou hérétiques du Moyen Âge, et d'abord les partisans d'un mouvement qui prônait des réformes radicales à Milan en 1056-1057 et qui, appelé Pataria, se portait contre le clergé concubinaire et simoniaque.

Ce terme sert aussi à désigner, à titre de synonyme, des hérétiques dualistes tels que les cathares. C'est le pape Alexandre III qui donne pour la première fois à ceux-ci la dénomination de patarins (concile du Latran, 1179). Au xiiie siècle, elle est fréquemment attribuée aux cathares d'Italie. D'autre part, Hugues Éthérien appelle ainsi, dans son traité Adversus Patharenos (1166-1180), les bogomiles de Byzance.

Enfin, le terme de patarins est appliqué à des hérétiques dualistes de Bosnie, aux bogomiles mitigés de Bosnie et de Herzégovine que les hérésiologues médiévaux et les érudits contemporains appellent ainsi afin de les distinguer des cathares de France et d'Italie, et des bogomiles de Bulgarie et de Byzance. Les hérétiques bosniaques se nommaient eux-mêmes « chrétiens » (leur communauté constituait l'Église de Sclavonie).

En 1199, Kulin, ban de Bosnie, et dix mille sujets bosniaques se convertissent à la foi patarine. Le pape Innocent III s'adresse au roi Émeric de Hongrie, dans une décrétale, en lui demandant de réagir contre la propagation de l'hérésie en Bosnie. Sous la menace d'une croisade contre son pays, Kulin abjure son hérésie (1203). Mais le nombre des hérétiques ne diminue pas. En 1232, les Bosniaques déposent leur ban catholique, et ils lui substituent un patarin, Ninoslav (mort en 1250), sous le gouvernement de qui le patarinisme devient définitivement religion d'État. Après sa mort, la Bosnie et l'Église hérétique sont souvent menacées par les différents pouvoirs politiques et ecclésiastiques de l'extérieur.

Sous Étienne Tvrtko Ier (1353-1391), l'Église bosniaque peut jouir d'une complète égalité avec les Églises catholique et orthodoxe du pays. Après l'invasion turque (1463), ses adeptes deviennent musulmans. Sa doctrine était proche de celle des bogomiles mitigés de Bulgarie et de Byzance ; elle consistait en un dualisme moins radical que celui des cathares dits absolus. La communauté se divisait en deux catégories, les simples croyants et les parfaits (initiés), et elle était gouvernée par un évêque, qui siégeait probablement à Janici.

—  Edina BOZOKY

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Pour citer l’article

Edina BOZOKY, « PATARINS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/patarins/