ORATORIO PROFANE

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Dénomination utilisée pour la première fois par Schumann, et servant parmi d'autres à caractériser de grands ouvrages épiques ou lyriques avec solistes et chœurs, destinés au concert. Jusqu'au xviiie siècle, le nom d'oratorio est en principe réservé aux ouvrages d'inspiration religieuse, et les compositions profanes sont dotées des appellations les plus diverses. C'est ainsi qu'à côté de ses oratorios sacrés proprement dits, Haendel compose une série de grandes cantates sur des sujets mythologiques ou allégoriques, considérées aujourd'hui comme des oratorios profanes : Acis and Galatea (1718), Alexander's Feast (1736), Ode for St. Cecilia's Day (1739), Hercules (1745), Occasional Oratorio (1746). Parmi les cantates profanes de Bach, plusieurs sont qualifiées dramma per musica, et relèvent ainsi du principe de l'oratorio : Der Streit zwischen Phoebus und Pan, BWV 210, Der zufriedengestellte Aeolus, BWV 205. Un demi-siècle plus tard, Haydn appelle expressément oratorio Les Saisons (Die Jahreszeiten, 1801) — succession de quatre cantates dont les références religieuses sont réduites au minimum — contribuant ainsi de façon décisive à la sécularisation partielle du genre. Schumann entreprend en 1843 la composition de son « oratorio profane » Das Paradies und die Peri, d'après Lalla Rookh de Thomas Moore ; il donne en 1849 le Requiem für Mignon, d'après Goethe, et achève en 1853 ses Scènes de Faust. De Berlioz, la légende dramatique La Damnation de Faust (1846) relève du genre dans la mesure où elle n'est pas, à l'origine, destinée à la scène. Au xxe siècle, on peut citer l'opéra-oratorio Oedipus Rex (1927) d'Igor Stravinski, ou encore les oratorios profanes A Child of our Time (1944) et The Mask of Time (1984) de Michael Tippett. Spécialement dans le domaine profane, les frontières entre l'oratorio et les genres voisins de la cantate, de l'ouvrage scénique, voire de la symphonie avec chœurs sont souvent difficiles à tracer, puisqu'on a voulu en faire relever à des titres divers aussi bien Le Martyre de saint Sébastien (1911) de Debussy et Prométhée (1911) de Fauré que la Huitième Symphonie (1906) de Gustav Mahler (A Sea Symphony achevée en 1909 par Vaughan Williams est par certains aspects une vaste cantate en quatre parties dans la tradition de l'oratorio anglais) : admettons qu'une œuvre est d'autant plus oratorio que sa démarche est plus dramatique et ses dimensions plus vastes. On dit d'un opéra qu'il est donné en oratorio quand il est simplement chanté, sans costumes, sans décors ni jeux de scène.

—  Marc VIGNAL

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Dans le chapitre « Évolution et style »  : […] L'oratorio est donc essentiellement italien et romain, par ses origines comme par son contexte liturgique. Au cours de la seconde moitié du xvii e  siècle, l'oratorio perd son caractère fonctionnel lié à la pratique religieuse ; il se transforme en un genre musical autonome qui joue un rôle dans la vie musicale, suppléant par exemple à l'opéra pendant les « temps clos » où les autorités ecclésias […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/oratorio/#i_35870

Pour citer l’article

Marc VIGNAL, « ORATORIO PROFANE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/oratorio-profane/