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ODES, Horace Fiche de lecture

Contemporain de Virgile, dont il fut l'ami, Horace (65-8 av. J.-C.) est un des plus célèbres poètes latins. Si ses Épodes et ses Satires ne sont plus guère connues aujourd'hui – on leur préfère généralement les Épigrammes de Martial pour l'inventivité langagière, les Satires de Juvénal pour la violence de la description –, ses Odes (Carmina) en revanche ont su franchir les siècles. Car Horace n'est pas seulement un poète qui aborde les difficultés politiques de son époque, au commencement de l'empire romain ; il évoque parallèlement des sentiments universels tels que l'amour ou l'amitié. Composées de quatre livres – les trois premiers parurent vers 23 av. J.-C. tandis que le quatrième ne vit le jour qu'en 17 av. J.-C. –, comprenant une centaine de poèmes, les Odes proposent aussi une réflexion sur la fuite du temps et l'inéluctabilité de la mort.

Sphère publique et domaine privé

L'empereur Auguste

L'empereur Auguste

La diversité des odes est particulièrement forte dans le livre I, qui révèle une palette lyrique très étendue, à la différence notamment du troisième livre composé de six « Odes romaines », dans lesquelles Horace chante la grandeur d'Auguste, empereur des Romains. Or le tour de force d'Horace, qui se place sous la triple protection du riche Mécène, de Virgile et d'Auguste, est d'avoir su renouveler le genre de l'ode, en interprétant différentes influences : si les Odes empruntent au Grec Pindare (518-438 av. J.-C.) l'art solennel de rendre hommage aux grands personnages, elles s'inspirent également du lyrisme grec d'Alcée et de Sappho (viie siècle av. J.-C.) et chantent l'amour et le désir. Poésie civique et poésie personnelle s'entremêlent ici : Horace vante aussi bien la gloire d'Auguste qu'il évoque ses amours avec Lydie ou Hélène.

Cette poésie s'appuie également sur une peinture très précise de la nature : les « plaines verdoyantes » et les « ruisseaux » foisonnent dans ces strophes – le plus souvent de quatre vers – qui font également apparaître tout un bestiaire de « lions », d'« agneaux » et de « faons ». La postérité et notamment les poètes de la Renaissance se montreront très sensibles à cette dimension picturale et bucolique d'Horace.

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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L'empereur Auguste

L'empereur Auguste

Autres références

  • HORACE (65-8 av. J.-C.)

    • Écrit par Jacques PERRET
    • 3 190 mots
    Le climat affectif de ces premières années de la pax Augusta est très sensible dans presque toutes les pièces d'un recueil lyrique ( Odes, I-III) qui paraît vers 23 : 88 poèmes dont beaucoup ne dépassent pas une trentaine de vers. Il est inévitable qu'une lecture cursive ne laisse qu'une...

Voir aussi