NUIT, iconographie

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La représentation de la nuit dans l'art occidental, et plus spécialement dans la peinture, est une question qui n'a jusqu'ici fait l'objet d'aucune étude d'ensemble. Ce problème recouvre en fait deux aspects bien différents, mais qui peuvent coexister dans certains types d'œuvres : celui de l'allégorie, c'est-à-dire de l'expression figurée d'un concept, autonome ou en relation avec un autre thème, notamment mythologique, et celui de l'évocation d'un phénomène naturel, soit pour ses valeurs plastiques et poétiques propres, soit comme contexte et élément signifiant d'une scène donnée.

Le schéma iconographique codifié par Cesare Ripa dans son Iconologia (1593) se réfère explicitement, via Hésiode (Théogonie) et Pausanias (Description de la Grèce), à la tradition gréco-romaine dans laquelle la Nuit (Nyx), fille du Chaos, personnalise l'obscurité primordiale du monde et, à ce titre, compte parmi les divinités redoutables. Hormis l'Air (Ether) et la Lumière (Héméra) qu'elle a engendrés avec son frère Erèbe, Nyx est censée avoir nourri en son sein un certain nombre d'entités et de forces abstraites redoutées des Anciens ou entourées à leurs yeux d'un voile de mystère impénétrable : les Parques, maîtresses du fil de la vie, et les Furies justicières, de même que le Sommeil (Hypnos) et la Mort (Thanatos). Conjuguée implicitement à la vision mystique chrétienne qui fait de la nuit l'élément de la mort (« les ténèbres envahirent la terre... ») et celui, tout aussi bien, du passage vers la résurrection, cette représentation est à l'origine d'une très riche tradition iconographique.

Selon Ripa, la Nuit est « une femme vêtue d'un manteau bleu constellé, avec deux grandes ailes éployées dans le dos ; sa carnation est sombre, son front orné d'une couronne de pavots ; dans les bras, elle porte deux enfants endormis, à droite un enfant blanc (le Sommeil), à gauche un enfant noir (la Mort)... » Ce schéma est, à quelques variantes près — présence ou non des enfants, figure ailée ou non, etc. —, celui auqu [...]

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LA TOUR GEORGES DE (1593-1652)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
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Dans le chapitre « Entre maniérisme et caravagisme »  : […] Comme peintre de « nuits », c'est-à-dire de nocturnes éclairés par une source lumineuse artificielle visible dans le tableau, La Tour s'inscrit dans un courant fort ancien de la peinture occidentale, auquel le caravagisme apporta toute la force de conviction de son langage réaliste. Au-delà du luminisme, c'est chez Caravage […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-de-la-tour/#i_93097

Pour citer l’article

Robert FOHR, « NUIT, iconographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nuit-iconographie/