PESTE NOTION DE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Flagellants

Flagellants
Crédits : AKG

photographie

Le rat, vecteur de la peste

Le rat, vecteur de la peste
Crédits : Erni/ Shutterstock

photographie

Peste bovine, Afrique du Sud

Peste bovine, Afrique du Sud
Crédits : Institut de recherches Vétérinaires d'Onderstepoort, Afrique du Sud

photographie

Les Animaux malades de la peste, gravure de Gustave Doré

Les Animaux malades de la peste, gravure de Gustave Doré
Crédits : Liszt Collection/ Heritage Images/ Age Fotostock

photographie


Le vocabulaire scientifique cherche à être le plus précis possible. On peut donc s'étonner de l'usage du mot « peste » pour nommer des maladies aussi différentes que la peste humaine et les « pestes » aviaire, bovine ou porcine. Ces maladies ne sont pas provoquées par le même agent pathogène et ne partagent pas de signes cliniques. Cette imprécision obscurcit la définition de ces maladies en même temps qu'elle les rassemble sous la même crainte d'une épidémie aussi terrifiante que la Peste noire du xive siècle. Les craintes suscitées par la peste (aussi dénommée « grippe ») aviaire de 2005 sont un exemple récent du pouvoir alarmant du mot peste. Tout cela traduit la persistance, voire l'extension, de l'usage du mot pour nommer des fléaux en tout genre, bien éloignés de la peste humaine.

Les signes de la peste humaine sont sans ambiguïté

Le mot « peste » vient du latin pestis. Pestis, selon les époques, les auteurs et leurs intentions, désignait certes des maladies contagieuses et leurs épidémies, mais il transmettait plus souvent une image diffuse de ruine, de destruction et, de manière générale, de fléau affectant l'État, les personnes ou les biens. Cette polysémie se retrouve en français dès les premiers usages connus du mot peste, vers 1280. Certes, à la fin du xive siècle, le terme désigne surtout la Peste noire qui ravage l'Europe depuis 1347. Mais il continue, tout comme en latin, à désigner toutes sortes de fléaux qui se traduisent par des atteintes rapides et graves aux personnes ou à leurs biens, les troubles sociaux par exemple. Enfin, le mot peste sert à nommer tant la source de malheurs que les personnes importunes ou qui causent des troubles. Ainsi, Georges Chastellain (1405-1475), historiographe des ducs de Bourgogne, utilise-t-il le mot « peste » dans ses chroniques, dans toutes ces acceptions. Le mot se réduit ensuite progressivement chez l'homme à la peste humaine, mais son emploi figuré, si bien illustré par La Fontaine, persiste de nos jours dans de nombreuses express [...]

Flagellants

Flagellants

Photographie

Confrérie de flagellants de Tournai, durant la Peste noire, en 1349. Illustration de la Chronique de Gilles Li Muisis, abbé de Tournai (mort en 1353). Bibliothèque royale, Bruxelles. 

Crédits : AKG

Afficher

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « PESTE NOTION DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/notion-de-peste/