NOMOCANON

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Ce terme désigne des collections canoniques orientales groupant des textes ecclésiastiques d'origine séculière (nomoi) et religieuse (canones). Ces collections mixtes tiennent à ce que, dans l'Église byzantine, une partie importante de la réglementation ecclésiastique émanait du pouvoir séculier. Le terme lui-même de nomocanon n'apparaît qu'au xie siècle, mais des collections de ce type existent dès le vie siècle. Tous les canons n'ont pas encore été édités. Parmi les plus importants de ceux qui l'ont été, on peut citer :

Le Nomocanon en cinquante titres, ou Nomocanon de Jean le Scolastique, du nom du patriarche de Constantinople de 565 à 578, à qui la collection fut, à tort, longtemps attribuée. Ce recueil groupe une collection de canons ecclésiastiques rassemblés vers 550 par Jean alors qu'il était encore à Antioche et des textes tirés de la compilation de Justinien. Il date de la seconde moitié du vie siècle.

Le Nomocanon en quatorze titres, la plus importante des collections de ce genre, qui fut longtemps attribué au patriarche de Constantinople Photius (mort en 893), mais qui est, dans son état premier, antérieur à celui-ci. Le recueil résulte d'une refonte, opérée entre 629 et 640, d'une œuvre du vie siècle. Il fit, jusqu'au milieu du ixe siècle, l'objet de remaniements et de compléments. Le concile de Constantinople de 920 en fit le code officiel de l'Église orthodoxe et il est resté en vigueur jusqu'à l'époque moderne.

D'autres nomocanons furent composés par la suite, du xiie jusqu'au xviiie siècle. Enfin, en dehors de l'Église byzantine, d'autres Églises orientales ont possédé des nomocanons (les Églises copte, maronite, nestorienne, monophysite syrienne).

—  Jean GAUDEMET

Écrit par :

  • : professeur à la faculté de droit et des sciences économiques de Paris, directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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ROMAIN DROIT

  • Écrit par 
  • Jean GAUDEMET
  •  • 6 356 mots

Dans le chapitre « La survie »  : […] La survie du droit romain ne se présente pas de la même façon dans l'Orient byzantin et l'Occident « barbare ». En Orient, la mort de Justinien ne mit pas un terme à l'application du droit qu'il avait fait compiler. Signe tangible de la continuité, la collection de Novelles composée sous le règne de Tibère II (578-582) reprenait cent cinquante-huit constitutions de Justinien auxquelles s'ajoutaien […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droit-romain/#i_42514

Pour citer l’article

Jean GAUDEMET, « NOMOCANON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nomocanon/