NOMBRE, linguistique

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À part de rares exceptions lexicalisées, tout substantif est susceptible d'être à volonté employé dans l'énoncé au singulier ou au pluriel. Dans certaines langues, on rencontre, en outre, la désignation d'une paire d'objets dénombrables, le « duel ». Mais la catégorie du nombre connaît rarement une partition plus fine, quoique, a priori, cela ne soit pas impossible. Catégorie grammaticale qui semble avoir son fondement dans l'évidence empirique, le nombre est une structuration imposée par la langue à l'expérience : elle s'intègre dans un système d'oppositions, le plus souvent à deux termes.

Encore faut-il distinguer la manière tout à fait spécifique dont le pluriel affecte le code oral ou le code écrit et, à l'intérieur des deux, les différentes classes de la grammaire. Pour ces dernières, on sait que sont invariables en nombre les adverbes, conjonctions et prépositions (à l'exception toutefois de à et de, qui connaissent, en position de déterminants du nom, des variantes morphologiques) ; à l'inverse, peuvent prendre la marque du nombre les noms et ce qui s'y rapporte syntaxiquement (adjectifs et articles ; mais ce n'est pas vrai de toutes les langues) ; quant au verbe, on peut parler à son sujet de variation en nombre d'un point de vue morphologique seulement. En effet, si la pluralisation du nom correspond à une véritable quantification, il n'en va pas de même du procès : le verbe « s'accorde », mais n'est pas vraiment pluralisé, sinon par des procédures lexicales (ils fument/ils fument beaucoup).

Si l'on s'en tient, d'autre part, au code oral, il suffit que l'énoncé soit désambiguïsé sur un seul point de la séquence lors de sa production : rares sont les phrases totalement dénuées de spécificité quant au nombre ; ce peut être le cas seulement d'un énoncé minimal à quatre segments, tel que : lœr peti bebe plœr, qui se décode indifféremment au singulier ou au pluriel [leur(s) petit(s) bébé(s) pleure(nt)]. Mais c'est là un cas limite, car la case occupée par les déterminants est porteuse [...]


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CATÉGORIES LINGUISTIQUES

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
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Malgré les fréquents glissements que l'on constate dans l'usage et qui tendent à confondre l'emploi de ce mot avec celui de classe, on peut, au sens étroit, assigner au terme de catégories un rôle essentiellement métalinguistique : en effet, alors que la classe est l'ensemble des éléments de la langue présentant telle ou telle propriété, ce qui les rend mutuellement substituables, catégorie renvoi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/categories-linguistiques/#i_51198

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « NOMBRE, linguistique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nombre-linguistique/