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MOTONOBU KANŌ (1476-1559)

Un art de synthèse

Motonobu fut le premier grand peintre des temps modernes au Japon. Il opéra une synthèse entre le kanga (peinture à l'encre à la mode chinoise), dont il utilisait les traits variés, et les vives couleurs du yamato-e, créant ainsi un art décoratif, très extérieur, mais d'une vigueur inconnue jusqu'alors. L'autorité de son pinceau a longtemps influencé ses descendants. Ses œuvres révèlent des tendances très diverses : outre ses compositions décoratives, il peignit pour Hosokawa Takakuni le Kuramadera engi, aujourd'hui disparu et, avec son atelier, les six rouleaux du Shakadō engi (au Seiryōji de Kyōto). Ainsi, dans le Seiryōji engi, il narre avec verve le voyage miraculeux vers la Chine de la statue en bois de santal du Buddha, exécutée à la demande du roi Udayana, en l'absence de celui-ci monté au ciel des Tusita pour y visiter sa mère. Enlevée par un moine qui la portait de jour sur son dos, cette statue, s'animant la nuit, transportait alors son compagnon de route. Le voyage s'effectue à travers des vallées encaissées de hautes montagnes, qui sont tracées à larges traits par Motonobu et rehaussées de couleurs d'une grande fraîcheur. Plus loin, on assiste ensuite à la copie de cette image, faite à l'intention d'un moine japonais qui la rapporta en 985 au Seiryōji. On peut rapprocher de ces rouleaux les panneaux votifs (ema) peints sur bois en couleurs opaques, retrouvés au Kamō-jinja de la province de Hyōgo ; seule œuvre signée qui se soit conservée, elle représente deux chevaux blancs menés par des palefreniers. Son talent de décorateur s'affirme également dans ses éventails peints à l'encre sur un fond d'or (procédé emprunté aux Tosa) qui sont conservés au Musée national de Tōkyō.

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Écrit par

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

Classification

Pour citer cet article

Madeleine PAUL-DAVID. MOTONOBU KANŌ (1476-1559) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • JAPON (Arts et culture) - Les arts

    • Écrit par François BERTHIER, François CHASLIN, Universalis, Nicolas FIÉVÉ, Anne GOSSOT, Chantal KOZYREFF, Hervé LE GOFF, Françoise LEVAILLANT, Daisy LION-GOLDSCHMIDT, Shiori NAKAMA, Madeleine PAUL-DAVID
    • 56 170 mots
    • 35 médias
    ...Kanō Masanobu (1434-1530), fidèle à l'école de Zhi, est le premier laïc appelé à diriger l'atelier des Ashikaga. Son fils et successeur, Motonobu (1476-1559), s'inspire de la peinture académique des Ming où dominent les représentations colorées de fleurs et d'oiseaux (kachō-e...
  • TOSA ÉCOLE

    • Écrit par Marie MATHELIN
    • 650 mots

    École de peinture japonaise dont l'origine remonte au xive siècle. C'est la seule école à maintenir officiellement la tradition de la peinture japonaise (Yamato-e) élaborée aux époques Heian (ixe-xiie s.) et Kamakura (xiiie-xive s.). À partir du xve siècle le Yamato-e est détrôné...

Voir aussi