MONNAIEThéorie économique de la monnaie

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La théorie de la demande de monnaie

L'exposé précédent nous a permis d'isoler la nature de la monnaie : la monnaie est un actif spécifique généralement acceptable dans les échanges, ce qui caractérise, comme on le verra, la notion de liquidité. Pourquoi les individus demandent-ils cet actif spécifique (en d'autres termes, pourquoi est-il plus liquide) ? En raison de la présence de « coûts de transaction ».

La double nature des coûts de transaction

Les ouvrages d'économie ne définissent pas toujours clairement la notion de coûts de transaction. Il s'agit d'abord, et de manière décisive, de coûts d'information sur la qualité des emprunteurs, qui expliquent pourquoi les agents ont besoin d'une créance garantie (la monnaie) pour échanger. L'information est en effet distribuée fréquemment de manière inégale entre les agents économiques. Les banques bénéficient d’un avantage comparatif dans la gestion de ces asymétries d'information, permettant à leurs créances d'être plus acceptables que les créances individuelles (c'est l'origine de la monnaie de crédit). Ces coûts d'information permettent à la monnaie bancaire d'être acceptée par les vendeurs en dépit du manque à gagner que sa détention occasionne (coût d'opportunité) : ces derniers préfèrent être payés en monnaie bancaire, peu ou pas rémunérée, plutôt qu'en créances individuelles, mieux rémunérées mais risquées. Une fois acceptée, les agents utilisent cette monnaie pour rembourser les crédits (il y a alors destruction de monnaie), pour régler leurs transactions (elle sera alors détruite ou conservée par un autre agent), ou la conservent pour l'utiliser plus tard. Ainsi, il est vain de vouloir distinguer une approche transactionnelle d'une approche patrimoniale de la demande de monnaie : la monnaie conservée ne trouve sa justification que dans le fait d'être employée dans les transactions futures.

Une question épineuse survient ici : pourquoi conserver une partie de son portefeuille sous forme de monnaie ne rapportant pas intérêt plutôt que sous forme d'un actif plus rémunérateur et de même degré de risque ? Cette questi [...]

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  • : professeur de sciences économiques à l'université d'Orléans

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Pour citer l’article

Patrick VILLIEU, « MONNAIE - Théorie économique de la monnaie  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/monnaie-theorie-economique-de-la-monnaie/