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DAPHNI MONASTÈRE DE

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Le monastère de Daphni se trouve à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Athènes, près de l'antique route d'Éleusis, à l'emplacement supposé d'un temple dédié à Apollon. À l'époque paléochrétienne (ve-vie s.), un monastère existait déjà à cet endroit. Il fut réoccupé après une période d'abandon vers la fin du xie siècle comme l'attestent aussi des sources écrites. De 1211 à 1458, il est aux mains des Cisterciens, puis, sous la Turcocratie, revient aux orthodoxes. Endommagé en 1821 lors de la révolution grecque, il a été depuis la fin du xixe siècle constamment restauré et entretenu.

Certains vestiges du monastère paléochrétien ont été retrouvés : le mur d'enceinte, vaste péribole de 100 mètres sur 100, pourvu au nord de tours saillantes, et les cellules qui lui étaient accolées. Dans la moitié ouest du mur nord, une salle oblongue parcourue en son milieu par une rangée de supports servait peut-être de réfectoire. On a découvert également une citerne remontant à ce premier état du couvent. L'église devait être, d'après les sculptures retrouvées, de plan basilical. Vers la fin du xie siècle, on édifia une nouvelle église qui est le katholikon actuel. On inséra en outre entre celui-ci et le mur nord du péribole un réfectoire et des cuisines. Quelques autres bâtiments furent peu après ajoutés au sud-est de l'église ainsi que des thermes à l'ouest. Sous la domination franque, des modifications importantes furent apportées à l'église, de nouvelles cellules édifiées dans la moitié sud du péribole. La réoccupation orthodoxe entraîna encore quelques additions diverses.

Le katholikon requiert à juste titre toute l'attention pour son architecture et surtout pour ses mosaïques. Il appartient au petit nombre des églises grecques où la coupole, reposant sur huit points d'appui, occupe toute la largeur du naos traditionnel (Saint-Luc en Phocide, vers 1011 ou vers le milieu du xie s. ; Panaghia Lycodimou d'Athènes, avant 1044 ; Christianou, Péloponnèse, vers 1070 ; Saint-Nicolas des Champs, Béotie, deuxième quart du xiie s. ; Sainte-Sophie de Monemvasie, Péloponnèse, déb. du xiiie s. ; église des Saints-Théodore de Mistra, fin du xiiie s. ; Parigoritissa d'Árta, Épire, fin du xiiie s.). Des trompes d'angles assurent la transition du plan de la coupole aux piliers. D'épais contreforts noyés dans les deux collatéraux, qui doublent les nefs latérales et qui confèrent ainsi à l'édifice un aspect carré et trapu assurent de façon efficace l'équilibre de l'ensemble. Certaines de ces caractéristiques rappellent l'architecture arménienne et ont pu être transmises par l'intermédiaire de Constantinople, où la trompe d'angle apparaît dans la Panaghia Kamariotissa de Chalki et peut-être à Saint-Georges des Manganes. L'absence de tribunes sur les nefs simplifie les volumes intérieurs et leur donne une grande élégance. À l'ouest un exonarthex et un étage aux fonctions mal définies (bibliothèque ? trésor ?) vinrent s'ajouter au narthex au début du xiie siècle. Sous l'occupation franque, des remaniements furent apportés dans cette partie de l'édifice (arcs brisés et crénelage au sommet des murs). Des quatre colonnes antiques qui décoraient la façade ouest de l'exonarthex, trois furent emmenées au xixe siècle à Londres par lord Elgin.

Ce sont surtout les mosaïques qui ont fait la réputation de Daphni. Avec Saint-Luc en Phocide et la Nea Moni de Chio, Daphni prend place parmi les grands ensembles de mosaïques du xie siècle. Dans la coupole trône le Pantocrator, partiellement restauré au xixe siècle, et sur le tambour, encadrant les fenêtres, se dressent les seize prophètes. Dans l'abside siège la Vierge Platytera avec l'Enfant, entourée des[...]

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Jean-Pierre SODINI. DAPHNI MONASTÈRE DE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009