MOUSSORGSKI MODEST PETROVITCH

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Modest Petrovitch Moussorgski

Modest Petrovitch Moussorgski
Crédits : Bettmann/ Corbis

photographie

Boris Godounov

Boris Godounov
Crédits : Hulton Getty

photographie


Les dernières œuvres, la solitude et la mort

Boris Godounov fut représenté pour la première fois au théâtre Marie, à Saint-Pétersbourg, au début de 1874. Si le public lui fit un accueil assez chaleureux, la critique fut réservée, et, du vivant de son auteur, l'œuvre ne connut qu'une brève carrière. Plus tard, Rimski-Korsakov en entreprit la révision. C'est lui aussi qui donna sa forme définitive à la Khovanchtchina. Cet opéra, qui traite de la révolte des princes Khovansky et qui s'inscrit dans la ligne du drame historique ouverte par Boris Godounov, présente d'admirables caractères pleins d'austère grandeur ou de passion sauvage, des chœurs d'une ordonnance quasi liturgique et un mode de récitatif qui marque une évolution dans la manière de Moussorgski : « J'ai réussi à trouver, écrit-il, une mélodie que la parole crée, une mélodie informée par l'esprit. »

Tout à l'opposé, la conception générale de La Foire de Sorotchin, dernier ouvrage lyrique entrepris par le musicien, et qui s'inspire du texte de Gogol, laisse apercevoir ce qu'eût réalisé le génie de Moussorgski dans l'illustration musicale de la truculence populaire par une mélodie jaillissante, la fraîcheur de la notation folklorique et la caricature de personnages savoureux. Malheureusement, il n'en reste que quelques fragments, car l'état de santé physique et morale de Moussorgski ne lui permit pas de mener à bien cette œuvre ultime. Les dix dernières années de sa vie attestent les progrès en lui d'un état morbide que la pauvreté, l'insuccès, l'abandon de ses amis et l'abus de la boisson transformeront en une déchéance finale.

Trois œuvres, cependant, parfaitement achevées, témoignent de la permanence de dons exceptionnels : d'une part, les Tableaux d'une exposition (1874), véritable fresque pour le piano composée à la mémoire de son ami, l'architecte et peintre Victor Hartmann, et dont la couleur et la facture autant que les inventions rythmiques ont renouvelé les possibilités de l'instrument ; d'autre part, deux cycles de mélodies, Sans Soleil (1874) et Chants et danses de la Mort (1875-1880), qui sont le f [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  MOUSSORGSKI MODEST PETROVITCH (1839-1881)  » est également traité dans :

MOUSSORGSKI MODEST PETROVITCH - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christian MERLIN
  •  • 267 mots
  •  • 7 médias

9 mars (ancien style) / 21 mars (nouveau style) 1839 Modest Petrovitch Moussorgski naît à Karevo, dans le district de Pskov.1863-1866 Moussorgski travaille à un opéra, Salammbô, sur un livret de lui-même d'après Flaubert, qui restera inachevé.1866-186 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moussorgski-reperes-chronologiques/

BORIS GODOUNOV (M. P. Moussorgski)

  • Écrit par 
  • Christian MERLIN
  •  • 223 mots
  •  • 1 média

Créé au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg le 27 janvier (ancien style) / 8 février (nouveau style) 1874, Boris Godounov – opéra en un prologue et quatre actes sur un livret du compositeur d'après le drame historique d'Alexandre Pouchkine – confère ses lettres de noblesse à la représentation du peuple sur une scène d'opéra. Plus encore que Boris, le tsar infanticide qui se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boris-godounov/#i_24943

CHALIAPINE FIODOR (1873-1938)

  • Écrit par 
  • Alain DUAULT
  •  • 944 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Vers une dimension moderne »  : […] Chaliapine va alors se révéler. Méphisto du Faust de Gounod, Ivan Soussanine d' Une vie pour le tsar de Glinka, Dossiféï de La Khovanchtchina de Moussorgski, Ivan le Terrible de La Pskovitaine et le Viking de Sadko de Rimski-Korsakov, Holopherne de Judith d'Alex […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fiodor-chaliapine/#i_24943

CHRISTOFF BORIS (1914-1993)

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 624 mots
  •  • 1 média

Le prénom et la taille colossale de Boris Christoff le prédestinaient à incarner le rôle-titre de Boris Godounov de Moussorgski, qu'il a marqué de son empreinte, en digne successeur de Chaliapine. Boris Kirilov, dit Christoff, naît à Plovdiv, en Bulgarie, le 18 mai 1914, et est élevé dans la tradition de l'art choral slave. Son père est soliste dans le chœur de sa paroisse ; […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boris-christoff/#i_24943

CINQ GROUPE DES, musique russe

  • Écrit par 
  • Michel-Rostislav HOFMANN
  •  • 698 mots

Cénacle musical qui, autour de Mili Balakirev, réunissait César Cui, Alexandre Borodine, Modest Moussorgski et Nicolaï Rimski-Korsakov. Il est connu sous deux étiquettes : en France, on l'appelle généralement le « groupe des Cinq » russe ; en Russie, le « puissant petit groupe ». La seconde appellation est due à Vladimir Stassov (1824-1906), éminent archéologue slavisant, conseiller littéraire et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/groupe-des-cinq-musique-russe/#i_24943

DARGOMYJSKI ALEXANDRE SERGUEÏEVITCH (1813-1869)

  • Écrit par 
  • Michel-Rostislav HOFMANN
  •  • 490 mots

Les musiciens russes affiliés au groupe des Cinq et leurs disciples se sont réclamés d'un « père » spirituel, Glinka, et d'un « parrain », Dargomyjski. « Un petit homme en redingote bleu ciel et gilet rouge, affligé d'une invraisemblable voix de fausset », tel apparaissait à ses contemporains Dargomyjski, fils de riches gentilshommes campagnards (le gilet rouge évoque celui que Théophile Gautier a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-sergueievitch-dargomyjski/#i_24943

MESURE, musique

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS, 
  • Nicole LACHARTRE
  •  • 4 071 mots

Dans le chapitre « Le système classique »  : […] Dans la musique classique occidentale notée avec une assez grande précision, la partition d'une œuvre est divisée en parties égales par des barres de mesure ; les valeurs, notes ou silences, comprises entre ces barres constituent la mesure ; celle-ci comprend un nombre fixe (généralement entre deux et sept) de subdivisions appelées temps. Un chiffrage, au début de l'œuvre, indique sous forme de f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mesure-musique/#i_24943

OPÉRA - Histoire, de Peri à Puccini

  • Écrit par 
  • Jean-Vincent RICHARD
  •  • 9 136 mots
  •  • 32 médias

Dans le chapitre « L'épanouissement russe et d'Europe centrale »  : […] À la suite de Glinka, l'opéra russe va trouver avec Alexandre Borodine (1834-1887) un premier vrai maître. Le Prince Igor (créé en 1890) présente des qualités expressives qui, tout en prenant en compte des thèmes folkloriques, se fondent dans un sens étonnant de la mélodie. Mais c'est avec Modeste Moussorgski (1839-1881) que l'art lyrique russe atteint sa grande maturité. M […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/opera-histoire-de-peri-a-puccini/#i_24943

Tableaux d'une exposition, MOUSSORGSKI (Modest Petrovitch)

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 492 mots

Dans le chapitre « Auteur »  : […] Moussorgski, musicalement autodidacte, fait en 1856 la connaissance de César Cui et de Mili Balakirev, les deux premiers membres du futur groupe des Cinq, qui prônent un art authentiquement russe. Son «instrument» de prédilection est la voix, pour laquelle il compose des chœurs, des mélodies et son chef-d'œuvre, l'opéra Boris Godounov . Dépressif, traversant des crises de mys […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tableaux-d-une-exposition-moussorgski-modest-petrovitch/#i_24943

Pour citer l’article

Myriam SOUMAGNAC, « MOUSSORGSKI MODEST PETROVITCH », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/modest-petrovitch-moussorgski/