DARGOMYJSKI ALEXANDRE SERGUEÏEVITCH (1813-1869)

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Les musiciens russes affiliés au groupe des Cinq et leurs disciples se sont réclamés d'un « père » spirituel, Glinka, et d'un « parrain », Dargomyjski. « Un petit homme en redingote bleu ciel et gilet rouge, affligé d'une invraisemblable voix de fausset », tel apparaissait à ses contemporains Dargomyjski, fils de riches gentilshommes campagnards (le gilet rouge évoque celui que Théophile Gautier arborait à la première d'Hernani). Après avoir composé en autodidacte des pièces pour piano et des mélodies fort salonnardes, Dargomyjski entreprend d'écrire un grand opéra, Esméralda, dont il a tiré lui-même le livret de Notre-Dame de Paris. Il voit grand. En outre, musicalement parlant, il voit français, et c'est chose curieuse que d'observer cette première différence entre lui et Glinka : celui-ci préfère les Allemands et les Italiens, Beethoven et Bellini étant ses idoles ; Dargomyjski, quant à lui, se tourne d'abord vers Auber, Halévy, Meyerbeer et même Adolphe Adam. À Esméralda succèdent un grandiloquent Triomphe de Bacchus, puis un remarquable opéra, Roussalka, d'après Pouchkine, qui témoigne de la conversion du compositeur à une musique d'inspiration nationale ; enfin le prodigieux Convive de marbre, son opéra posthume, achevé par Rimski-Korsakov, où l'on trouve bien des pages qui annoncent Boris Godounov de Moussorgski.

Ce dernier, d'ailleurs, considérait son aîné comme le père du réalisme en musique. « Je veux la vérité, je veux que le son traduise directement la parole ! », préconisait Dargomyjski. Lui-même appliquait ce principe dans des mélodies « réalistes », comme Le Ver de terre, Le Vieux Caporal, Le Conseiller titulaire, dont l'influence sur celles de Moussorgski est considérable (peut-être même les ont-elles suscitées !), et dans Le Convive de marbre, où il a utilisé un texte poétique de Pouchkine sans y changer une seule virgule : c'est à la musique, affirmait-il, d'illustrer le livret en épousant ses moindres inflexions et en en devenant un « commentaire ». De la sorte se trouv [...]


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RUSSIE (Arts et culture) - La musique

  • Écrit par 
  • Michel-Rostislav HOFMANN
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Dans le chapitre « Glinka et la musique russe moderne »  : […] Pour créer une école nationale, Glinka a fait des emprunts à l'Occident, surtout à l'Italie, qu'il a longuement visitée et beaucoup aimée, et à l'Allemagne – il a fait des études à Berlin, sous la direction de Siegfried Dehn (1799-1858), un élève de Beethoven. À la première, il devait le goût des mélodies bien chantantes, qu'il a transmis à ses successeurs ; à la seconde, une science de l'harmonie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/russie-arts-et-culture-la-musique/#i_41346

Pour citer l’article

Michel-Rostislav HOFMANN, « DARGOMYJSKI ALEXANDRE SERGUEÏEVITCH - (1813-1869) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-sergueievitch-dargomyjski/