MINAMOTO NO SANETOMO (1192-1219)

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Poète japonais, troisième et dernier shōgun du clan des Minamoto, fils de Minamoto no Yoritomo, frère cadet et successeur, en 1203, de Yoriie. Sous son nom, le pouvoir est exercé par sa mère, Masako, et le frère de celle-ci, Hōjō Yoshitoki.

Prisonnier dans son palais de Kamakura, Sanetomo se consacre à la poésie sous la direction lointaine de Fujiwara no Sadaie (ou Teika), l'arbitre des lettres du temps. En 1219, lors d'une cérémonie au temple de Hachiman, alors qu'il vient d'être promu ministre de la Droite par la cour de Kyōto, il est frappé à mort sur le grand escalier du sanctuaire par son neveu Kugyō, fils de Yoriie.

740 tanka (poèmes de 31 syllabes) de Sanetomo ont été conservés, dont 719 figurent dans le Recueil des pépites d'or (Kinkai-shū, manuscrit de la main de Teika, daté de janvier 1214). De la correspondance avec Teika, on a conservé de ce dernier un court traité de poétique, La Tradition orale de la composition poétique (Eiga kuden, 1209).

Toute l'œuvre connue de Sanetomo appartient à la période antérieure à sa vingt-deuxième année. Le Kinkai-shū est divisé en trois livres : I, Les Quatre Saisons (407 pièces) ; II, Poèmes d'amour (157) ; III, divers (155). Sanetomo, suivant à la lettre le conseil de son maître, avait d'abord composé des variations sur des poèmes fameux des anthologies Man.yō-shū, Kolin-shū et Shin-kokin-shu (dont Teika lui avait envoyé un exemplaire dès 1205), puis des pièces originales dans le ton des recueils classiques. De cet ensemble d'exercices d'école, de pastiches, d'imitations et de réminiscences se dégage pourtant une impression de mélancolie résignée, qui permet de se représenter le jeune prince, soumis au caprice de ses tyrans domestiques, sous les traits d'une sorte de héros shakespearien à la sensibilité exacerbée, exilé parmi les barbares des marches orientales, et qui n'a d'autre moyen d'évasion que ses poétiques songeries. Si bien qu'en dépit de ses imperfections, qui ne sont que des défauts de jeunesse, Sanetomo s'est imposé comme l'un des très grands poètes du Moyen Âge japonais, second seulement à l'illustre Saygyō.

—  René SIEFFERT

Écrit par :

  • : professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Dans le chapitre « Le lyrisme japonais »  : […] En 1897, un groupe de jeunes poètes japonais publiait, sous le titre collectif de Jojō shi ( Poèmes lyriques ), un ensemble de recueils de poèmes, précédés de préambules où chacun des auteurs définissait sa propre conception du lyrisme, et d'où il ressortait que la poésie de forme nouvelle serait lyrique ou ne serait pas. L'épithète jojō […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lyrisme/#i_15358

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René SIEFFERT, « MINAMOTO NO SANETOMO (1192-1219) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/minamoto-no-sanetomo-1192-1219/